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Mel, ce parano !
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le 17 mars 2018
Voilà un film qui se moque un peu de nous tous et mes éclaireurs l'ont mal pris : ils ne l'aiment pas trop.
Or, même si comme moi vous n êtes pas du tout complotiste - comme la plupart des gens sensés - et même pas un tout petit peu parano dans la vraie vie - ce qui est plus rare - et si vous aimez le cinoche, vous n'échappez pas malgré vous-même à notre sort commun d'amateurs de polars, de thrillers, de films de detectives, de films à énigme, de films d'espionnage : vous aimez depuis toujours une multitude de films entièrement basés sur des complots. Vous adorez qu'ils soient déjoués à la fin comme un Crime dans la Tête ou Snake Eyes, et même s'ils ne sont pas déjoués d'ailleurs (comme dans Seconds ou dans The Parallax View par exemple). Et plus ils sont sophistiqués et compliqués et plus vous les appréciez - voyez dans quoi nous embarque l'ami Hitchcock et des dizaines d'autres apres lui.
Dans Complots, au titre américain encore plus explicite Conspiracy Theory, le héros est un complotiste délirant, paranoïaque militant, dont la vie est organisée de manière aberrante, avec une surenchère d'interprétations loufoques et d'actions défensives à dormir debout.
On ne va pas dire que ce complotiste cinglé est une métaphore de nous autres, spectateurs et amateurs de ce genre de films. Quoique.
En tout cas, heureusement pour nous : si nous nous sentons un peu visés et nous identifions à lui, ce type a quelque chose de touchant dès qu'il s'approche de la brunette adjointe du procureur qui est exaspérée mais inexplicablement intriguée.
On ne va pas dire que c'est seulement le plaisir de l'oeil, que ce qu'on apprécie c'est de voir le mariage de ces taxis jaunes dans la nuit de New York, de l'oeil bleu de Mel Gibson, et de la beauté subtile de Julia Roberts.
Parce qu'il y a quand même un switch de l'intrigue et du personnage qui arrive assez vite au tiers du film. C'est par à-coups, par bribes, par petites touches - pas vraiment un switch donc, en fait c'est le contraire, plutôt un infléchissement progressif : on se rend compte que ce type, au milieu de scènes de bastons et de poursuites, a des hallucinations, des flashs, des récurrences mémorielles, et il est en fait rien moins que complotiste. C'est une victime de quelque chose qui le dépasse (comme un héros hitchcockien) et contre laquelle il s'est rebellé il y a longtemps, intuitivement (par amour, par un reste d'humanité malgré un conditionnement chimique) : il en est resté frappadingue mais avec des éclairs de lucidité.
Et là, on retombe dans le thriller paranoïaque standard que nous connaissons bien et qu'on a vu mille fois : un bon vrai complot d'instances puissantes nichées au sein de l'Etat manipulant des pékins anonymes, que l'un d' entre eux, qui a un bon fond comme nous-mêmes, va foutre par terre en se rebellant. Nous revoici en terrain connu.
Bon c'est somme toute, après un début original, un thriller paranoïaque standard, du genre que les gens sensés, non complotistes, aiment bien voir d'habitude. C'est tout ?
Quand même non.
C'est très bien joué et il y a, malgré les morts et les scènes brutales, une touche de comique permanente, que ce soit dans les interactions du héros avec les autres, les clients de son taxi, les flics, les médecins - même dans les scènes de torture, par exemple quand il mord le nez de Patrick Stewart, sorte de Dr Mengele de la CIA, qui va en garder une bonne cicatrice pendant tout le film - et aussi avec la belle qu'il n'ose pas trop aimer, qu'il persécute et qu'il protège.
Mel Gibson a toujours eu du talent pour la comédie et l'autoparodie et il nous en fait ici un festival.
Et donc au bout du compte on a un thriller paranoïaque et satirique combiné à une romance, et toutes les composantes sont à mon avis bien équilibrées.
J'ai un faible pour Richard Donner le réalisateur. Mais je ne vais pas en rajouter : je ne vais pas dire que j'ai aussi apprécié, bâti sur le même principe du thriller parano satirique 16 Blocs, avec Bruce Willis en flic alcoolique mutique devenu un débris qui protège au lieu de le livrer un jeune détenu volubile pourchassé par toute une mafia de ses collègues flics et corrompus, et qui trouve ainsi un ami et sa propre rédemption.
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le 17 juin 2025
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