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le 11 nov. 2013
SuivreUn barbare sinon rien.
http://youtu.be/xteoc9zrC2w Tu permets que je t'appelle Conan ? Je sais qu'avant la fin de ce petit texte, je vais mettre la note maximale à ce film. Car je suis toujours scotché. Du début à la fin...
Terme inventé en 1961 par l'écrivain Fritz Leiber, "sword and sorcery" définit un genre qui se voit rapidement métamorphosé en heroic fantasy, analogie engendrée quant à elle en 1967 par le biographe et romancier Lyon Sprague de Camp. Un univers généralement barbare, aux influences moyenâgeuses et médiévales, principalement influencé par les écrits de Robert E. Howard dont le mythique héros répond au nom de Conan Le Cimérien. Ces récits, situés dans l'Âge Hyborien imaginaire d'il y a douze mille ans, se déroulent entre l'engloutissement de l'Atlantide et le commencement de l'histoire officielle. Idole de trois générations de lecteurs, Conan prend brusquement vie sur les écrans en 1982 sous la houlette de John Milius, cinéaste depuis la fin des années 1960 et coscénariste du très célèbre Apocalypse Now, réalisé par son ami Francis Ford Coppola.
Dans la perspective cinématographique de relancer une forme de grande aventure, Conan Le Barbare propose une voie "inédite" aux jeunes spectateurs de l'époque en les transportant vers un ailleurs totalement inaccessible où demeurent de sauvages guerriers, des esclaves (très) musclés, des voleuses, des sorcières, de jolies princesses et même des serpents géants. Un ailleurs que les péplums sword and sandal italiens avaient maintes fois exploré dans les années 1960 avec les tout en muscles Steeve Reeves ou encore Richard Harrison, métamorphosés pour l'occasion en machines à fantasmes.
Conan entre exactement dans le même principe, avec plus de moyens, plus de barbarie et de modernité. Avec sa référence à Nietzche en introduction et l'atrocité du massacre qui s'enchaîne, où Conan, enfant, est le témoin du génocide de ses parents au rythme d'une fabuleuse partition de Basil Poledouris, le nihilisme propre au philosophe prend peu à peu de l'ampleur tout au long du voyage initiatique que traverse le guerrier Cimérien avide de vengeance. Ici, tout est pensé comme du pur spectacle où chaque scène se succède en tableaux qui emportent les spectateurs au sein de différents décors voués à leur action respective : le village enneigé de Conan, la roue de la douleur, la caverne de l'épée, la hutte de la sorcière, le puits des sacrifices, le temple de Set, l'arbre du malheur, l'antre du roi Osric, etc. Derrière la caméra, John Milius s'autorise un morceau de bravoure à chaque séquence et entraîne ainsi le public dans une danse infernale où le surnaturel le dispute à une tentative de récréation naturaliste d'un univers fantasmé jusqu'à l'excès. Les mythes historiques se mêlent alors aux légendes traditionnelles en proposant une forme d'opéra fantastique où il est très facile de se laisser séduire et entraîner.
Au chapitre des grandes réussites, l'impressionnante scène où les démons tentent de s'emparer du corps de Conan et qui préfigure de 35 ans celle des entités surnaturelles et démoniaques dans l'inoubliable 8ème épisode de la 3ème saison de Twin Peaks. Et bien que je n'aie jamais lu les mythiques adaptations en bande dessinée de Barry Windsor-Smith, il se dit que l'esprit de l’œuvre se voit relativement respecté ici, avec en plus quelques débauches sanglantes dignes des films de sabre chinois empreints de poésie aussi morbide que malsaine.
Du côté des faiblesses, découvrir Conan Le Barbare en 2023 (c'est-à-dire 41 ans après sa sortie) fait indéniablement sourire. Il faut reconnaître que tout a considérablement vieilli (parfois en bien, parfois en mal) et qu'une grande partie du casting ne reste pas la plus adaptée face à l'ambition du projet. Mais le mélange des genres (sword and sorcery, film de sabre, fantastique ou encore western antique, peu importe) est magistralement tenu à bout de bras par Milius qui croit dur comme fer à son projet. Une indéniable qualité.
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs films de 1982
Créée
le 22 juin 2023
Critique lue 27 fois
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le 11 nov. 2013
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