Polar méconnu, «Coupable Ressemblance» avait remporté en son temps, le grand prix du festival du film policier de Cognac. Une récompense méritée pour ce thriller judiciaire humaniste, pas vraiment tendre avec le système et porté par l’excellente prestation de James Woods.
Le scénario écrit par Wesley Strick, est inspiré de l’histoire vraie de Chol Soo Lee, un immigrant coréen accusé à tort d’avoir assassiné en 1973, un chef de gang en plein coeur du quartier de Chinatown à San Francisco. Après avoir passé 10 ans en prison dont 8 dans le couloir de la mort, il est libéré en 1983 grâce au soutien et aux actions de son comité de défense, dénonçant une enquête bâclée et un procès à charge.
Réalisé par Joseph Ruben («Le Beau-Père», «Les Nuits avec Mon Ennemi»...), le film ne se prive donc pas au travers du personnage de cet avocat à tendance gauchiste, d’égratigner cette police et cette justice à deux vitesses, plus enclines à défendre les plus aisés au détriment des plus faibles et ce, quelque soit leur degré de culpabilité.
On saluera la superbe interprétation de James Woods qui, malgré un look caricatural, incarne avec force et conviction cet avocat rusé et obstiné à révéler la vérité au risque de tout perdre. A ses côtés, un tout jeune mais non moins convainquant Robert Downey Jr., encore bien loin des aventures de «Ironman».
Si ce film ne révolutionne assurément pas le genre, il reste un polar particulièrement efficace, rythmé, avec une tension omniprésente. Bref, de quoi passer un très bon moment. Sorti aux USA au début de l’année 1989, «Coupable Ressemblance» sera malheureusement, un échec commercial, engrangeant à peine moins de 9M$ de recettes. La France ne lui fera pas honneur non plus, le film étant passé totalement et injustement inaperçu.