«Cours Privé» est le troisième film que Pierre Granier-Deferre réalise à partir d’un roman de Jean-Marc Roberts après «Une Étrange Affaire» et «L’Ami de Vincent».
Une adaptation libre de son récit «Portrait Craché» qui n’était pourtant pas planifiée à l’origine.
Complices, les deux hommes décident initialement de développer un scénario original mais ni l’un, ni l’autre ne sont convaincus du résultat. Roberts prend alors l’initiative de le reprendre entièrement et d’en faire un roman. Séduit par cette nouvelle mouture, Granier-Deferre en écrit l’adaptation en prenant tout de même beaucoup de liberté et de distance avec le roman.
De reports en reports, le projet est dans un premier temps, abandonné. Le cinéaste tourne à la place «L’Homme aux Yeux d’Argent» avec Alain Souchon.
Mais quelques mois plus tard, le producteur Alain Sarde décide finalement de ressortir le scénario du placard et donne son feu vert à Granier-Deferre.
Une histoire trouble et abstraite sur fond de rapports passionnels narrant le quotidien d’une jeune et très belle enseignante, victime d’un chantage qui la fera peu à peu basculer dans la folie. Dès les premières images, la caméra de Granier-Deferre se focalise sur cette femme mystérieuse et terriblement sexy qui, bien qu’elle soit totalement à l’aise avec son corps, refuse les contacts, garde ses distances. Le cinéaste cherche tout de suite à créer le trouble chez le spectateur, vite envouté par cette femme fêlée, fascinante et inaccessible. La superbe interprétation d’Elizabeth Bourgine lui apporte un mystère, une sensibilité et une sensualité sans pareils.
Puis un jour, des photos compromettantes commence à circuler. Entre chantage et délations, la vie de cette jeune prof va peu à peu basculer. Qui peut bien lui en vouloir ? Le proviseur (génial Michel Aumont), sorte de figure paternelle aux attentions douteuses ? Son collègue qu’elle ne laisse visiblement pas indifférent ? Ou, la femme de celui-ci, jalouse de voir son mari tenter de s’occuper d’un peu trop près de l’enseignante ?
Granier-Deferre nous embarque dans un jeu de faux semblants prenant et passionnant qui ne vous lâche pas jusqu’à son dénouement. Il évite soigneusement ici les traditionnelles envolées de mise en scène pour nous livrer un long métrage froid et distancié particulièrement dérageant.
Peut être le dernier grand film de Granier-Deferre.