<i>Cow</i> repose sur un principe assez simple : épouser le point de vue d’une vache laitière (rester au plus près, regarder ce qu’elle regarde, sans le moindre commentaire), en renvoyant les humains à la périphérie. Le documentaire fait le choix intéressant d’une ferme qui n’a rien d’un enfer évident (calme des fermiers, pâturages l’été – même la mise à mort ne relève pas d’un cauchemar d’abattoir). Le film peut alors, sans le parasitage de condition brutales qui capteraient le gros de notre indignation, faire directement dialoguer l’attachement qu’on a pour cet animal personnifié avec le traitement totalement objectifiant qui en est fait (séparation du veau, cornes brûlées, traites répétées). La diffusion à la ferme de tubes pop par exemple, au milieu de situation terribles du point de vue de l’animal, ne fait que souligner ce contraste, cette violence invisible et pourtant évidente, exposée en plein jour. Pour le reste, le film se fait tout de même assez vide et répétitif, essayant d’optimiser un peu artificiellement les situations pour leur donner de la substance (le passage d’accouplement avec feu d’artifice symboliques et tube ironique), laissant une impression de ressassement et de petit objet documentaire.
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