Sur le papier, le film avait de quoi intriguer l’amateur de polar (qui sommeille en tout bon cinéphage) surtout s’il est un grand lecteur de Winslow (comme moi).
Or, Crime 101 n‘est en vérité qu’une short story issue d’un recueil de nouvelles inégales de l’auteur. L’adaptation à rallonge (2h20) qu’en tire Bart Layton, malgré son brillant casting (Halle Berry et Mark Ruffalo en tête), n’apporte pas grand chose, à part diluer l’intrigue de départ. Chris Hemsworth (remarquable dans Hacker et Furiosa) fait de son personnage un ectoplasme, monolithique et sans aspérité (comme en témoigne l’embarrassante scène avec une fille au restaurant). Seul celui joué par Barry Keoghan est intéressant mais sous-exploité. Contrairement ce qu’on peut lire ici ou là, Crime 101 n’a aucun rapport avec Michael Mann, et surtout pas avec l’excellence de son cinéma. Ne serait-ce que parce qu’ici, l’action n’intervient jamais ou presque... sauf à la toute fin.
Soyons juste, ça n’est pas totalement inregardable, juste une grosse déception.