Bien que ce film n'ait pas d'ambitions philosophiques trop élevées, je le
situe dans la frange supérieure des films de braquage. On n'échappe pas à
une certaine réflexion morale, où s'opposent deux voleurs, l'un
chevaleresque et rusé, et l'autre brutal et stupide. Fidèle aux codes du
roman noir, les autres personnages évoluent dans une zone grise,
naviguant entre déceptions et problèmes d'argent.
Mark Ruffalo est excellent dans un personnage de flic vieillissant que
n'aurait pas renié Al Pacino, de même que le voleur au grand cœur incarné
par Chris Hemsworth. D'autres qualités méritent d'être soulignées : une
image légèrement désaturée et très travaillée à la Fincher, des poursuites
efficaces et bien filmées.
Bien sûr, le film s'inscrit dans une filiation assumée avec Drive de NWR,
dont il partage plusieurs thèmes et ressorts scénaristiques : le braqueur
en quête de liens et de rédemption, l'ivresse de la vitesse et de
l'action, le lien amoureux esquissé mais impossible — motifs qui
traversent le genre depuis le cinéma des années 50 (Melville et autres...)