Crime 101
6.2
Crime 101

Film de Bart Layton (2026)

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Sur le papier, ça me paraissait excellent mais au final, c'est un oui pour la forme et le casting, mais un non pour l'écriture.


Le casting est clairement l'un des gros points forts, avec en tête Chris Hemsworth qui est très bon (Vu en VO). Il est à la fois sobre, charismatique, peu démonstratif, mais avec constamment un truc qui cloche chez lui. Il faut un bon travail sur sa voix qui n'est pas toujours assuré. Bref il est tout a fait convaincant.


J'ai toujours eu (et je pense que j'aurai toujours) un peu de mal avec Mark Ruffalo... donc bon, je ne cherche plus vraiment à savoir si je le trouve bon ou non 😅 Je le prends comme il est.

Barry Keoghan est très bon dans son rôle de criminel imprévisible, mais je n'ai pas aimé son intégration dans le récit. Halle Berry est tout à fait bien également.


La réalisation m'a aussi plu : c'est très bien filmé. La photographie en journée n'est pas forcément celle que je préfère mais rien à redire sur les scènes nocturnes. Les plans de ville sont très beaux et les quelques scènes d'action (notamment les scène de voiture) sont nerveuses et efficaces.


Mais après un début qui m'a vraiment embarqué, j'ai senti mon attention décliner progressivement. Je n'arrivais plus à m'accrocher au scénario, notamment à partir de l'arrivée du personnage de Barry Keoghan. Encore une fois, rien à voir avec la prestation de l'acteur : c'est son intégration au récit qui me pose problème.


Ça manque de subtilité, de puissance dramatique et surtout de cohérence dans les interactions entre les personnages.


Les personnages et leurs relations auraient mérité d'être beaucoup mieux écrits. Le scénario sait où il veut emmener ses personnages mais ne prend pas le temps de rendre leurs rencontres et leurs décisions naturelles ni de se demander si tout cela va paraître cohérent aux yeux du spectateur que je suis.


La rencontre entre Lubesnik et Sharon dans le cours de yoga en est un parfait exemple. Je comprends pourquoi le film a besoin que ces deux personnages se rencontrent mais je n'arrive pas à acheter la manière dont cela arrive : Lubesnik se retrouve comme par hasard dans le même cours que Sharon après sa séparation...


Le scénario les fait se rencontrer parce qu'il en a besoin, plutôt que parce que leurs trajectoires les y conduisent naturellement.


Même problème avec Maya (la petite amie de Davis) Monica Barbaro est très bien, mais le personnage est extrêmement cliché et finalement dispensable. Elle sert surtout à montrer le cliché du criminel qui a un cœur, qui pourrait avoir une vie normale et qui a quelque chose à perdre...

Mais c'est mal fait. Leur relation repose uniquement sur une attirance physique entre Maya et Davis, le reste est trop peu développé pour que je ressente réellement l'importance de cette histoire d'amour.


La relation entre Money, Davis et Ormon m'a également posé problème. Davis est un criminel extrêmement méthodique, prudent, organisé et professionnel. Ormon est quasiment son opposé : impulsif, violent, imprévisible et beaucoup moins discret.

Que Money fasse appel à un autre braqueur parce que Davis commence à hésiter peut se comprendre, mais pourquoi confier un travail aussi délicat à quelqu'un dont le profil semble précisément idéal pour faire capoter un braquage et se faire repérer ? Money veut aller en prison ou quoi ?


Le film aurait pu en faire une vraie rivalité entre deux façons de concevoir le crime : la méthode contre l'impulsivité, le professionnel contre le psychopathe. Mais cette opposition n'est pas suffisamment développée.


Ça aurait dû être intéressant de voir Ormon débarquer et mettre du chaos sur le chemin de Davis, mais je n'ai jamais trouvé ça vraiment crédible. Les situations de chaos, de rivalité et de provocation tombent un peu comme un cheveu sur la soupe et ne semblent finalement avoir d'incidence que pour la résolution de la confrontation finale entre Davis et Lubesnik.


Même constat pour la poursuite entre la moto d'Ormon et la voiture de Davis. La scène est très réussie visuellement et nerveuse, mais lorsque je réfléchit à ce qui se passe, elle paraît franchement bizarre.

Ormon est à moto : dans cet environnement urbain, il devrait pouvoir semer Davis très facilement. Pourtant, il fait tout pour rester à portée de sa voiture...

Il est donc dans la provocation, ce qui montre qu'il doit être dans une situation psychologique où il se sent en maîtrise et sûr de lui. Mais la poursuite contredit ça car elle se termine bizarrement par un carambolage entre sa moto et une voiture lambda, pour arriver à un tête-à-tête qui ne sert finalement à rien.

Davis lui demande « pour qui tu bosses ? », mais Ormon ne répond jamais. Bon, évidemment, il n'y a qu'une personne qui a pu envoyer Ormon, mais la scène n'est vraiment pas bien foutue. Et au final, ça n'a aucune incidence réelle sur Money non plus. (Sûrement dans un 2eme fim...)

Bref, l'impact de toute cette séquence semble être le néant. Ça ressemble davantage à une scène ajoutée pour donner du rythme et de l'action au film qu'à une étape indispensable de l'histoire.


Et puis la fin, je ne la trouve vraiment pas bonne.

Lubesnik finit enfin par retrouver le voleur qu'il a poursuivi pendant tout le film. Mais tout ne se passe pas comme prévu et Davis lui sauve la vie en tuant Ormon.

Donc, à ce moment-là, que Lubesnik décide de le laisser partir parce qu'il lui doit la vie, je peux tout à fait l'accepter. C'est une décision moralement discutable et professionnellement très grave, mais elle peut se comprendre psychologiquement : Lubesnik est en pleine crise existentielle, désabusé par sa hiérarchie, ses collègues, son métier et sa vie personnelle... Donc OK.


Mais ensuite, ça devient pour moi beaucoup plus difficile à avaler.

Lubesnik accepte la voiture que Davis lui laisse.

Là, il ne s'agit plus seulement de laisser partir un criminel qui vient de lui sauver la vie : il accepte un avantage matériel provenant directement du criminel qu'il poursuivait. Et en plus, il falsifie des éléments de l'affaire en donnant les diamants à Sharon.

Le film veut présenter cette conclusion comme une sorte de libération : Davis peut repartir libre, Sharon peut enfin quitter sa condition et recommencer sa vie, et Lubesnik peut lui aussi tourner la page et obtenir la voiture de la crise de la cinquantaine.


C'est joli sur le papier, mais ça ne fonctionne pas avec ce qui nous a été montré précédemment de Lubesnik car le film a passé tout son temps à nous montrer lubesnik comme un flic écœuré par ses collègues et sa hiérarchie, qu'il considère comme incapables de comprendre son travail, obsédés par les chiffres, les solutions faciles et le fait de simplement fermer les dossiers. Des collègues qui falsifient des scènes de crime pour se protéger...

Il est justement présenté comme le seul flic encore intègre, avec des convictions, qui fait un vrai travail de flic.

Et là, il fait exactement ce qu'il reprochait en partie au système : il choisit la solution qui l'arrange, fabrique une résolution pratique et ferme le dossier.


Le film semble vouloir présenter Lubesnik comme un homme qui se libère du système, mais il vient de franchir toutes les lignes rouges d'un coup. Il abandonne ses principes et sa déontologie, et je ne trouve pas que cette évolution ait été suffisamment préparée pour être crédible avec ce qui m'a été montré jusque-là.


Bref, la forme est réussie, le casting est bon, Chris Hemsworth est très bon, c'est bien filmé, l'ambiance fonctionne, les scènes nocturnes sont belles et les poursuites sont efficaces... mais tout ça ne suffit pas à compenser une écriture qui, à mes yeux, devient de plus en plus artificielle et incohérente. J'ai l'impression de comprendre ce que le scénario voulait faire mais là manière dont c'est fait est complètement raté.


Verdict : 4/10


Matpalala
4
Écrit par

Créée

le 7 août 2026

Critique lue 12 fois

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