Le livre éponyme de Stephen King est un peu une madeleine de Proust, car c'est sans doute le premier roman que j'ai lu de cet auteur, et comme beaucoup, j'avais été frappé par la seconde partie, ainsi que sa conclusion noire au possible. L'histoire est au fond la même, à savoir un Saint-Bernard qui se fait mordre par une chauve-souris et qui contracte la rage, rendant le chien très dangereux avec ses 100 kilos tout baveux. Il va faire des victimes, et même prendre au piège une femme et son fils dans une voiture en panne.
Au niveau de l'adaptation, le film se veut assez fidèle, sauf que la conclusion y est moins tragique,
avec la mort par déshydratation du fils dans le roman, mais qui survit ici,
mais j'y trouve un modèle de série B, un peu un Dents de la mer canin où le chien est montré comme une menace omnisciente, qui tue à gogo, et disparait aussitôt. Il y a également la maitrise technique de Lewis Teague, dont ce sera le seul vrai bon film, avec la superbe photo de Jan de Bont, qui fait preuve d'inventivité, comme ce plan à 360° dans la voiture où la mère et le fils semblent plonger dans la folie. D'ailleurs, on voit bien que ce n'est pas tout le temps le même chien, qui a peu à peu une sale gueule avec sa bave et sa crasse, et qu'il y a des plans subjectifs pour qu'on voit à sa place.
Il y a également les acteurs qui sont très bons, en particulier Dee Wallace, qu'on avait vu juste avant dans E.T., et qui se montre comme une véritable mère courage, avec la sensation que la peur que lui sucite le chien n'a pas l'air si fausse que ça. On retrouve même dans un second rôle Ed Lauter, que j'ai tant aimé dans French connection 2 ou des productions avec Charles Bronson.
C'est sûr que je ne recommanderais pas ce film aux amis des chiens (je suis plus du côté chat), mais en l'état, c'est un très bon film qui n'a pas à rougir par rapport au livre de King.