On s'est donc farci le dernier panégyrique de Elie Semoun. Et contre toute attente, le film s'avère encore plus nul que ce à quoi je m'attendais. Rien que pour ça, chapeau !
On était en droit d'attendre une comédie au vu de l'affiche et du scénario. Mais en fait, pas vraiment. Y'a bien quelques gags éparses, perdus dans un film de bureaux et de couloirs à l'ambiance assez morbide, mais c'est de l'extra-light ; je dois reconnaitre qu'il y a bien un ou deux passages qui font sourire (une discussion de geeks sur le salaire de James Bond et sa gestion des notes de frais et des tickets restau), mais sinon, c'est morteeeeellement chiant. Le scénario, d'un vide abyssale (4 scénaristes !!!), sombre dans la siruposité la plus émétisante, vague hommage à la différence et à la nerditude par des gens qui n'y connaissent pas grand chose et qui mélangent dans un même sac des pans de cultures indépendants.
Disons qu'on a bien vite compris ce qui va se passer, Cyprien va mettre son déo qui rend beau, découvrir que tout cela n'est que vanité et s'apercevoir que la seule nana qui vaille le coup est celle qui s'intéresse à lui depuis le début. Mais alors qu'on pense avoir franchi cette étape du film, un accroc fixe soudainement l'évolution du script sur le Cyprien qui devient un connard, oublie ses potes et perd toutes ses valeurs. Jusqu'à la fin. Avec donc plein de passages tristes, des amours bafoués, etc. Heureusement, y'a un happy end grave merdique.
Le personnage des petites annonces a été massivement allégé pour l'occasion (fini le beurre sur la tronche, les lunettes en cul de bouteilles, les pellicules sur les épaules...), ce qui n'était pas une super idée. Mais le summum reste d'avoir pensé qu'on pouvait présenter Elie Semoun comme un parangon de beauté ! Transformé en mini-popstar british, se dandinant lors d'un numéro musical sur patins à glace, Elie enfonce toute suspension d'incrédulité. S'il fallait trouver un argument pour voir le film, c'est peut-être celui-là.
Bon, pas besoin de continuer à enfoncer les portes ouvertes, ce film est une bien belle merde à la française. Une pensée compatissante pour les fous qui ont vu ça au cinéma.