"Bravo, Mylène !", "Incroyable, Mylène !", "Mylèèèèène...!!!", à la fin de la Séance de Minuit au Festival de Cannes, la lumière du Grand Palais se rallume sur une salve de clameurs à destination de celle qui fait la voix-off du film, tandis que Cécile de France, qui porte le film à bout de bras pendant deux heures, remonte l'escalier vers la sortie sans que personne ne la calcule. Bienvenue dans la rationalité d'une salle remplie de Mylène-addicts. N'y tenant plus, on a profité de ce qu'on était placé dans l'allée de sortie (c'est la place stratégique pour les Séances de Minuit : vous évitez les ronflements d'un côté, au moins) pour donner nos félicitations à ladite Cécile, apparemment surprise qu'une amatrice de film se trouve dans ce public à concert. Pour ne pas plus s'étendre sur les conditions "particulières" de visionnage de ce Dalloway (cela applaudit uniquement le nom de l’Élue dans le générique de début, bref...), on dira surtout que le dernier film de Yann Gozlan (Boîte Noire) peut remercier, lui aussi, Cécile. Comme dit plus tôt, elle porte viscéralement et vaillamment ce scénario trop lourd, copieux, déglutissant par moments son indigestion de thèmes qu'il aborde, sans pouvoir en creuser aucun. Écologie (réchauffement climatique), Covid, intelligence artificielle, création d'Art par l'IA (l'autrice se fait aider puis usurper son style par son IA), récupération de données par l'industrie numérique, panne d'écriture et obligations de contrat d'une autrice, problèmes psychologiques, deuil, etc... Trop, beaucoup trop de thèmes que Yann Gozlan essaie d'imbriquer comme les pièces de différents puzzles, et l'on s'y perd, ou s'y endort, selon les scènes. La fin voudrait être un twist, malheureusement le problème psy de l'héroïne insiste un poil trop sur un élément de son passé (qu'on se coltine en flashbacks, à l'envi), aussi on grille la dernière scène très rapidement (l'effet saisissant qu'elle voudrait produire est donc inefficace). La fameuse "Mylèèèèèène" reste très bien dans son rôle de voix-off (quelque part entre Scarlett Johansson dans Her, et le Hal 9000 de 2001 : L'Odyssée de l'espace), les idées que veut questionner ce Dalloway trop gourmand sont louables (qui ne se reconnaîtra pas ?), et le jeu de Cécile de France est comme d'habitude, irréprochable. Dommage que l'ensemble ressemble à un fourre-tout confus des préoccupations de notre époque, l'idée y était.
*Cette critique a été écrite sans l'aide d'une IA, y'a que de la non-intelligence naturelle, par ici*.