Mylène Farmer aura eu l'honneur de fouler le tapis rouge deux fois à Cannes cette année, la première pour rendre un vibrant hommage à David Lynch lors de la cérémonie d'ouverture et puis la deuxième pour la projection de minuit du prochain film de Yann Gozlan. Et autant dire tout de suite qu'il n'est présenté à Cannes que pour faire venir la star qui ne sort jamais.
Effectivement, même en séance de minuit où le festival laisse plus de place à des films de genre ou tout simplement plus originaux, le film fait un peu tâche.
Pour remettre un peu de contexte, nous suivons, dans un futur proche, les mésaventures de Clarissa qui habite dans une résidence artistique entièrement contrôlée par IA. Mais justement, elle commence à se méfier de son assistante personnelle, Dalloway. Et alors, que c'est grossier !
Bon, comparer ça aux premiers épisodes de "Black Mirror" qui ont presque quinze ans serait une évidence mais ce n'est même pas aussi qualitatif. C'est-à-dire qu'encore une fois, tout est grossier.
De l'histoire à la mise en scène, tout est prévisible dès les premières minutes, les personnages sont ultra-caricaturaux, les situations sont déjà-vus voire même quelques-fois risibles (on se croirait par exemple dans une espèce de parodie lorsque l'héroïne s'aventure dans le repère de son acolyte) etc. Mais pourtant, eh bien ça fonctionne !
Effectivement, si je devais dresser une analogie, ce serait avec le polar de l'été. Celui qui ne marque jamais les esprits, qui n'est jamais subtil et qui ne joue pas dans la même cour que les autres (attention, loin de moi l'idée d'avoir un discours élitiste dans notre façon de "consommer" la culture) mais avec lequel on passe un très bon moment. Même si, comme le dit si bien Jakie Quartz "on revoit les débuts et on connait la fin", ça n'empêche que la partie divertissement fonctionne, que le film parvient à nous captiver un minimum avec son aspect thriller à deux ronds.
Et donc, c'est aussi le cas pour "Dalloway" qui est donc très en retard sur le sujet qu'il traite mais n'est pas désagréable pour autant.