Le chef-d'oeuvre annonciateur du XXIème siècle.

Dancer in the Dark, film du danois Lars Von Trier sorti en salles durant l'année 2000, est un film dont on ne ressort pas indemne.

Tout dans le film est sublimé par ce réalisme poignant – le Dogme 95 contribuant grandement à cette proximité presque malsaine avec les événements –, ce jeu d'acteur qui transcende les personnages, et ces chansons tantôt gaies, tantôt dérangeantes, mais qui possèdent toujours une dimension malfaisante, annonciatrice de catastrophes. Car le spectateur s'attend à ce que le chemin soit semé d'embûches pour la bienveillante Selma, mais il ne sait pas encore que l'histoire mettra à vif ses nerfs de juge arbitre.

Cette œuvre éprouve le spectateur, il le met face à des situations intolérables et lui demande de les accepter. Ici, personne n'est gentil ou méchant, l'histoire va au-delà de toutes ces considérations, il touche aux douleurs les plus profondes que peut ressentir un être humain, son impuissance, et tous les moyens qu'il est capable de mettre en œuvre pour non pas se sauver lui-même, mais pour empêcher son monde de s'ensevelir.

Dire que Dancer in the Dark est un insidieux provocateur d'ascenseurs émotionnels est un euphémisme : c'est une véritable catharsis des sentiments qui vous pénètrent. Certains moments prêtent à sourire, voire à rire, mais c'est uniquement pour que la chute soit encore plus terrible ensuite. La musique et les paysages vous bercent au début, mais la descente dans les enfers de l'enfermement et du désespoir vous guettent.

L'œuvre de Lars Von Trier parle de justice, de lutte, de mort, mais, surtout, développe un thème en particulier : l'amour d'une mère qui se débat dans un monde régi par l'insensibilité mécanique des hommes forts. Björk nous laisse cois de torpeur devant sa prestation, au-delà de ce qu'un film est en droit d'espérer. L'un des plus beaux films d'un siècle à son crépuscule, mais qui renaîtra à l'aube du XXIème siècle, telle une démonstration magistrale.
Sonoflake
10
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Top 10 Films et Top des films de Lars von Trier

Créée

le 16 oct. 2011

Critique lue 451 fois

Sonoflake

Écrit par

Critique lue 451 fois

2

D'autres avis sur Dancer in the Dark

Dancer in the Dark

Dancer in the Dark

10

Architrave

70 critiques

De battre mon coeur s'est arrêté.

If living is seeing, I'm holding my breath In wonder, I wonder, what happens next A new world, a new day to see... C'est sur ces dernières paroles de Björk que je quitte la chambre de mon frère. Le...

le 28 janv. 2012

Dancer in the Dark

Dancer in the Dark

3

Samu-L

476 critiques

Les sirupeux commencent à nous les engluer

Ah Dancer in the Dark! Dégoulinant de pathos, et forcément pathétique de bout en bout (vous avez remarqué que c'était la même racine). Lars Von Trier passe son film a essayer de nous faire pleurer et...

le 25 août 2011

Dancer in the Dark

Dancer in the Dark

10

Krokodebil

290 critiques

Selma in the Light

Prologue : sur une musique instrumentale romantique et très belle défilent des toiles abstraites et colorées. Courte scène qui fait office de sas, d'élément introductif dans l'univers particulier du...

le 13 janv. 2013

Du même critique

Yellow Submarine

Yellow Submarine

7

Sonoflake

15 critiques

Sea of Colors

Yellow Submarine est une belle représentation de la frénésie dans laquelle se trouvaient les Beatles à cette époque-là. Entre psychédélisme, surréalisme, absurde, le spectateur reste malgré tout...

le 26 nov. 2011

La Nuit du chasseur

La Nuit du chasseur

8

Sonoflake

15 critiques

La simplicité comme poésie

Ce film est une véritable ode à la vie et un hommage non-dissimulé à ce que peut endurer un enfant et jusqu'où celui-ci peut aller pour trouver son petit coin de bonheur. Bien sûr, tout cela s'est...

le 6 nov. 2011

Victoria

Victoria

9

Sonoflake

15 critiques

A consommer cul sec

Victoria vous met au défi. Il vous invite poliment à vous attacher à ses personnages, à vous donner foi en la joie humaine, pour détruire l'une après l'autre les briques de l'espoir qu'il avait...

le 26 déc. 2016