"Putain de mental de merde!"
David Martelleur est un personnage. Un personnage comme on en voit de moins en moins au cinéma. Le genre de type, dans la vraie vie, avec lequel on a pu passé une nuit qu'on qualifiera par la suite de "legen... wait for it... dary" avec un peu de honte, quand même. Mais le genre de type qu'on évitera de fréquenter tous les jours de risque de se faire aspirer dans une spirale de loose et des mauvais plans que ces mecs attirent.
"Danger Dave" n'est pas vraiment un film de skate. C'est le portrait d'un homme, enfin d'un vieil ado la trentaine bien tapée. Et pourtant, jamais un film n'a autant respiré le skate. C'est la première fois que je voyais la préparation d'une planche avant un contest. C'est presque montré comme un rituel, comme une arme qu'on aiguise avant un combat.
Jamais la difficulté d'assurer à une démonstration n'a autant été ressentit que dans cette séquence où le "Danger Dave" s'en sort plutôt pas mal malgré une gueule de bois carrabinée...
Philippe Petit, le réalisateur, s'en sort pas mal, lui aussi. Il a l'intelligence de ne pas choisir l'angle sociétal et surtout il n'hésite pas, dans la séquence d'ouverture qui est en fait la scène qui mettra fin à leur collaboration, à se faire passer pour le salaud de l'histoire.
Mais on ne peut pas lui en vouloir. N'importe qui aurait péter un câble à fréquenter pendant 5 ans ce type ingérable. Comme on ne peut pas en vouloir à David, ce type incapable de résister à l’appel impérieux de ses fêlures, coincé dans son déni de la réalité et dans ce milieu qui le fixe au stade de l'adulescence.
Dans un état second, il s'accapare la caméra et confesse: "Je suis malheureux".
Pas étonnant. "Danger Dave" vieillit dans un milieu où les vieux n'ont pas leur place.