"Dao" : docu-fiction de type immersion culturelle du spectateur. Le titre du film est expliqué au début du générique ; il s'agit d'une expression métaphysique évoquant en quelque sorte la plénitude de la vie. Deux récits s'alternent : celui de la cérémonie animiste dans un village de Guinée Bissau qui érige deux défunts au rang d'ancêtres, entités bienveillantes et protectrices ; les festivités du mariage en France de deux jeunes issus de la communauté africaine. Le lien ente les deux récits est Gloria, fille d'un des défunts et mère de la jeune mariée. Le film débute par des extraits d'entretiens pour un "casting", avec des femmes d'origine africaine et non comédiennes professionnelles. On y découvre celle qui sera une Gloria charismatique, de retour dans son village africain, et auprès de sa fille de fiction lors du mariage de cette dernière. Quelques comédiens professionnels sont présents à l'écran, de même que des proches du réalisateur, mais l'essentiel des acteurs sont des quidams, notamment les villageois africains qui jouent leur propre rôle. Le film balaie largement et avec de fines touches impressionnistes, de nombreux sujets : la parenté, les rapports familiaux, les racines, la tradition et les coutumes, les rapports hommes-femmes, l'éducation des enfants, l'esclavage et la colonisation, les unions inter-culturelles, l'immigration, le désœuvrement des jeunes dans une économie de la pauvreté. Tout cela est passionnant ! Mention spéciale pour les très beaux portraits, les danses et costumes africains. L'on comprend que le genre impressionniste de ce
docu-fiction exige une durée importante... Mais plus de 3 heures, cela est contre-productif et particulièrement crispant... Quel dommage ! Une bonne heure en moins eut été souhaitable. Un cinéma-vérité et sensible dont la longueur excessive nuit à sa qualité !