Avec Dark River, Clio Barnard se veut délicate au possible. Réduisant les dialogues au strict minimum et les rendant à peine audibles, tout devra passer par les non-dits. À ce jeu-là, la réalisatrice se montre convaincante. Bénéficiant avant tout de deux commédien.ne.s d’exception. Ruth Wilson, aux antipodes de ses rôles dans Luther ou The Affair, joue la carte de la fragilité. Tremblante, refusant les contacts, et à peine capable de regarder son frère dans les yeux, elle dégage une émotion forte et s’imbrique parfaitement dans cet univers rural – par ailleurs sous exploité. Face à elle, Mark Stanley n’est pas en reste avec son physique imposant qu’il évite de mettre en valeur en apparaissant constamment voûté.
Cependant, s’il n’y a rien à redire sur le duo, qui porte sur ses épaules le film, la démarche de Clio Barnard a ses limites. Certes, l’usage de gros plans sur les visages renforce ce sentiment d’étouffement permanent. Celui de flashbacks abrupts pour dévoiler le passé d’Alice et Joe n’est pas sans rappeler la méthode de Jean-Marc Vallée. Et on pourra noter la lumière douce-chaude proposée par Adriano Goldman. Mais il est clair que le scénario de la cinéaste ne tient qu’à trop peu de chose.
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