Sorti en 1970 sous le titre original De la part des copains, Cold Sweat s’inscrit dans la vague des coproductions européennes d’action criminelle de la fin des années 60. Le film est réalisé par Terence Young, connu notamment pour avoir lancé la saga James Bond avec Dr. No et From Russia with Love. Ici, il tente de capitaliser sur la popularité montante de Charles Bronson dans un registre d’homme dur confronté à son passé.
Le film repose sur une intrigue classique : un ancien criminel rangé voit son passé ressurgir lorsque sa famille est prise en otage par d’anciens complices devenus trafiquants. Sur le papier, le matériau est solide, mais à l’écran, le scénario apparaît mince, linéaire et surtout très décousu.
La narration manque de liant : les enjeux sont posés rapidement mais rarement approfondis, et l’écriture alterne entre moments efficaces et passages beaucoup plus approximatifs. Cette irrégularité donne un film au rythme haché, parfois presque mécanique, qui peine à maintenir une tension constante.
Terence Young reste un metteur en scène solide, mais ici en pilotage automatique. On retrouve néanmoins quelques éléments techniques intéressants : Une photographie qui exploite correctement les décors du sud de la France, notamment autour de Beaulieu-sur-Mer. Une poursuite automobile assez longue et bien chorégraphiée, souvent citée comme le morceau de bravoure du film. Mais ces éclairs restent isolés. Le découpage manque parfois de nervosité, et la gestion du rythme donne l’impression d’un film qui accélère puis retombe sans véritable progression dramatique.
Le film aligne pourtant une distribution impressionnante : Charles Bronson, Liv Ullmann, James Mason. Jill Ireland, Michel Constantin, Luigi Pistilli. Malheureusement, cette richesse est loin d’être exploitée à son plein potentiel. Bronson livre une prestation typique, presque automatique : charisme intact, mais jeu minimaliste, comme s’il déroulait un rôle déjà mille fois incarné. Liv Ullmann, immense actrice venue du cinéma d’auteur (notamment Bergman), semble ici mal à l’aise — elle aurait d’ailleurs eu une expérience de tournage tendue avec Bronson. James Mason, acteur raffiné, tombe parfois dans une interprétation excessive, presque caricaturale. Jill Ireland, épouse de Bronson à la ville, est souvent jugée comme l’un des points faibles du casting. À l’inverse, les seconds rôles apportent un peu de relief : Luigi Pistilli et Michel Constantin incarnent des figures de gangsters plus marquantes, avec une présence plus brute et crédible.
Le film a été tourné sur la Côte d’Azur, renforçant son aspect “polar touristique européen”. Il fait partie des premières productions internationales de Bronson avant son explosion définitive dans les années 70. Étrangement, il a été diffusé à la télévision américaine seulement quelques jours après sa sortie cinéma, signe d’une exploitation commerciale atypique.
Cold Sweat est un film typique de son époque : un polar d’exploitation internationale avec un casting prestigieux, mais un scénario trop mince pour soutenir ses ambitions. Il reste quelques qualités — notamment certaines scènes d’action et des décors bien utilisés — mais l’ensemble souffre d’un manque de cohérence, d’un rythme irrégulier et d’un vrai gâchis de talents.bAu final, un film ni totalement raté ni vraiment réussi, mais surtout oubliable, qui donne souvent l’impression d’un exercice de routine… particulièrement du côté de Bronson.