Soit Renny Harlin, GROS réalisateur des années 1990 : 58 minutes pour vivre, Au revoir à jamais, Peur Bleue (qui écope d'un méchant 4,8 sur Sens Critique, c'est dur) … Il disparait après le plutôt raté Driven (3,8 sur SC, mais là je suis d'accord).
Méchamment sur le retour mais quand même compétent, il enquille les projets sans âme genre DTV. Et puis en 2025 il retrouve le chemin des salles avec le slasher pas très intéressant mais assez efficace "les intrus" en 3 épisodes. Tout ça pour dire qu'avec lui le bon cohabite avec le mauvais.
Là c'est un film catastrophe qui a 50 ans dans la tronche : un avion tombe à l'eau comme dans les Naufragés du 747, un de ces films au casting all star hyper improbable et hyper moral – c'est bien simple, on a de la peine mais pas trop dès qu'un gentil meurt, et on se réjouit quand c'est un méchant car nous sommes des êtres moraux. Mais comme Harlin est en avance sur son temps, il prend un virage différent et y ajoute les Dents de la mer qui vient de sortir (je rappelle le titre de cette critique) pour mettre un peu de gore.
Donc il y a un peu de gore, beaucoup de bons sentiments et de gens qui meurent bêtement, mais ils font pas exprès comme dans tous les films catastrophe. Comme Harlin a fait Peur bleue le récit rebondit à 25 minutes de la parce que quand même on s'ennuie un peu et qu'il reste des gens à boulotter. On retrouve d'ailleurs le même esprit de requin un peu trop balèze, et ici c'est moins justifié.
Aaron Eckhart en captain d'avion / de bateau et dresseur de requin tout endeuillé fait le boulot, lui aussi un peu sur le retour quand même. Ben Kingsley vient cachetonner un coup comme il le fait plutôt ps mal depuis quelques temps déjà. Le reste du casting est globalement une proie avec quelques lignes de dialogues avant pour faire histoire chorale qui se résout en buffet pour poisson.
En dépit de sa modernité qui consiste à dézinguer un peu au pif pour déjouer plus ou moins les pronostics, on reste dans les rails d'une production pour plate-forme du sam'di soir. Petite faiblesse en plus : Angus Sampson, le sale type de service dont on attend longtemps qu'il y passe, finit pour une cigarette dans l'estomac du requin, à la satisfaction d'autres naufragés et, probablement, du spectateur. La morale est sauve.
Un film catastrophe des années 1970 vous dis-je.