Vingt-sept ans après Peur bleue (que j’avais vu en salle, au Conti à l’Isle Adam, avec des potes de ma classe (de 4e) bref, super souvenir de série B idéale) Renny Harlin revient au film de requins. Mais cette fois il double la mise puisqu’il va aussi faire un film catastrophe. Ce n’est pas un grand cinéaste mais pas un manchot non plus, c’est un bon actioner hollywoodien disons : j’ai toujours eu de l’affection pour son Cliffhanger et pour son Die Hard, qui n’arrive pas à la cheville de ceux de McTiernan, mais ce n’est pas grave.
Deep water me faisait donc de l’œil : L’histoire d’un avion de ligne, en voyage entre Los Angeles et Shanghai, qui va prendre feu et devoir amerrir en plein pacifique entre deux récifs coralliens, dans des eaux infestées de requins. En gros si tu fais partie des trente ou quarante passagers qui survivent au crash, il te faut alors affronter une bande de squales affamés. Une bonne journée de merde, quoi.
Bon, n’y allons pas par quatre chemins, c’est un petit plaisir coupable, totalement régressif, une sorte de film des années 90 qu’on aurait décongelé aujourd’hui. Le film a donc un petit charme anachronique non négligeable. Les personnages sont des stéréotypes ambulants, jamais développés, chacun son étiquette. La musique incessante (lors des instants tire-larmes ou élans héroïques impossibles) est une sorte de petit piano resucée ratée de celle de Michael Giacchino pour Lost. De nombreux virages et rebondissements seront archis attendus.
Mais il y a aussi des éléments qui font tenir l’ensemble, qui évitent d’en faire un nanar du samedi soir pour en faire presque un chouette divertissement du dimanche soir. La scène de crash est correcte. Les scènes de requins (numériques) sont plutôt bien fichues malgré des attaques aléatoires en fonction des besoins du scénario. Le décor (de débris d’avion en pleine mer) est chouette. Le film n’est jamais désagréable. Et on l’oublie dès le lendemain. Une petite récréation.