Afin de départager deux cadets de la police pour le titre de Major, leur chef leur propose d'élucider une affaire où un homme, qui fut le plus recherché des Etats-Unis, vient d'être retrouvé mort.
Alors ancien assistant de Jean Renoir, Jacques Becker devait trépigner d'impatience avant de passer pour de bon derrière la caméra. Il réalisa deux courts-métrages, puis démarra ce qui devait être son premier film, L'or du Cristobal, sauf qu'il fut interrompu et repris quasi intégralement par Jean Stelli. Becker put enfin réaliser Dernier atout, dont il n'est pas l'auteur, comme un polar à la manière de. On pense fortement aux films américains des années 1930, ceux qui ont la gâchette facile, avec tout un travail très intéressant sur la lumière étant donné que ça se passe pour beaucoup la nuit. On sent que la personne derrière la caméra a déjà de l'expérience, il sait déjà mettre en scène l'action, avec même des scènes en extérieurs, mais pour la direction d'acteurs, ça n'est pas encore ça. Car les deux policiers joués par Raymond Rouleau et Georges Rollin manquent vraiment d'épaisseur, on a du mal à croire à leur métier.
Ceci mis à part, Dernier atout sera un coup d'essai ponctué d'un succès critique et public, qui lancera une carrière sur près de vingt ans, et ponctuée de plusieurs chefs d'oeuvre.