Aux côtés de Monia Chokri et de Noémie Lvovsky dont le talent n'est plus, depuis longtemps, à démontrer, Ella Rumpf pourrait être considérée comme la révélation de Des preuves d'amour, si l'on oubliait qu'elle était déjà éblouissante dans Le théorème de Marguerite. Elle irradie, en tout cas, le premier long métrage d'Alice Douard, présenté à la Semaine de la Critique et qui se trouve être l'extension de son premier court-métrage, lequel avait d'ailleurs décroché un César. En traitant du thème de l'arrivée d'un enfant dans un couple de femmes lesbiennes, la réalisatrice ne commet aucun impair, tout en évoquant tous les à-côtés de la situation, intimes, sociaux et familiaux en tête, sans pour autant donner l'impression de remplir un cahier des charges qui se doit de ne rien négliger. Mieux, même, le film contient quelques-unes des scènes les plus hilarantes de l'année cinématographique. Les dialogues, joliment écrits, fusent constamment, mais laissent toutefois régulièrement une bonne place à la musique, qu'elle soit classique ou non. Le sujet de Des preuves d'amour, seuls les grincheux et les intolérants y trouveront à redire, parvient à la fois à être très personnel et à toucher à l'universel, que l'on soit femme, homme, ni l'un ni l'autre, gay, hétéro, etc, bref, un être humain doué des sens de la compréhension et de la bienveillance.