C'est l'adaptation des mémoires "Les carnets de Guantanamo" de Mohamedou Ould Slahi (joué par Tahar Rahim) qui raconte sa détention dans la prison de Guantanamo et comment l'avocate Nancy Hollander (Jodie Foster) va tenter de l' innocenter...
Autant le dire de suite: c'est un film choc !
Après le documentaire sur Whitney Houston, Kevin McDonald revient au film adapté d'une histoire vraie qui fait réfléchir comme "Le dernier roi d' Ecosse" ou encore "Jeu de pouvoir" pour citer ses meilleurs films, ou du moins ses plus célèbres.
Il ne rate pas son retour. Sa mise en scène est impressionnante, en particulier sa manière d'amener les flashbacks qui font froid dans le dos où on voit comment un détenu innocent peut être amené à avouer des faits qu'il n'a pas commis entre les tortures physiques et psychologiques. C'est d'ailleurs l'un des thème de ce long métrage: la présomption d'innocence. On voit comment les droits de l'homme sont bafoués et même cachés...! Et comment il est aisé de manipuler un homme en créant une terreur. La justice américaine en prend un coup....!
Le calvaire de Mohamedou a commencé pendant la présidence de Bush mais elle se poursuit pendant le règne de Barak Obama alors qu'il avait été déclaré innocent. Ceux qui pensaient qu'Obama était un président humain tomberont de haut et verront qu'il n'est pas mieux que Bush. Je suis même d'ailleurs étonné que "Désigné coupable" ne fasse pas scandale....
Ce qui intéresse également le réalisateur est la rencontre de 2 personnages qui paraissent opposés: Nancy Hollander une avocate solitaire rationnelle qui pense que tout le monde a le droit à une défense et Mohamedou un détenu perdu qui ne sait plus à qui faire confiance. Et pourtant au fur et à mesure une certaine amitié va naitre entre les 2 protagonistes.
Dans le rôle de l'avocate, Jodie Foster y trouve son meilleur rôle depuis longtemps et cela fait bien plaisir de la voir dans un film à sa hauteur. Quant à Tahar Rahim il trouve son rôle le plus marquant depuis "Un prophète". Il est impressionnant. Dans les rôles secondaires je retiendrai Benedict Cumbertatch convaincant et qui est un des coproducteurs du long métrage.
"Désigné coupable" est un film aussi nécessaire qu'emballant d' où on sort révolté par tout ce qu'on a vu et impressionné par la reconstitution de cette histoire. A voir absolument !