Amour, Gloire et Beauté : tels sont les piliers édictés comme de véritables mantras par les nombreuses émissions de téléréalité qui pullulent depuis des décennies. Dans une époque où le métier d’influenceur est constamment sous le feux des critiques, raillé ou admiré, Agathe Riedinger prend le parti avec Diamant brut d’explorer le point de vue d’une jeune fille déterminée à rejoindre cette idylle télévisée.
Pour son premier long-métrage Diamant brut, la réalisatrice s’attaque à un véritable phénomène de société tout en prolongeant la réflexion amorcée avec son court-métrage « J’attends Jupiter » sorti en 2017. Après sa sélection en Compétition Officielle au Festival de Cannes 2024, le film sort dans les salles obscures, promettant un conte moderne brut mais attachant.
Miroir, mon beau miroir
L’apparence. La perception que les autres ont de nous. La perception que l’on a de soi. Autant de notions complexes exacerbées dans un monde où le talent, le produit est « d’être soi ». Ou plutôt d’être une version consommable de soi. Comme dans le récent The Substance de Coralie Fargeat, la question du regard et ses conséquences est au cœur du récit de Diamant brut.
Le film s’ouvre d’ailleurs sur une scène se déroulant la nuit dans un parking vide où l’on voit Liane effectuer un spectacle de pole dance. Seule lueur dans la nuée : ses escarpins argentées qui attirent l’œil, brillant de manière fantomatique. Le format 4:3 et le léger travelling avant posent déjà les bases de ce monde dans lequel notre héroïne vit. Cette séquence trouvera d’ailleurs un écho plus tard dans le film, où l’on verra Liane en transe face à des danseuses en boîte de nuit qui se meuvent de façon aérienne et gracieuse. Le glas est sonné : disposer de son corps, être sexy et indépendante ; c’est cela la liberté.
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