Sean Wang nous offre pour cet été une exploration nostalgique de l'âge ingrat qui nous catapulte à l'été 2008. C'est le moment des premiers émois embarrassants de Chris, d'un ollie réussi dans le garage. C'est aussi une soeur qui part à la fac, une rencontre avec une bande de skateurs plus âgés, et une belle raclée (et l'oeil au beurre noir qui va avec). Mais Didi est moins un hommage à la culture du skate qu'une émouvante célébration de la figure maternelle. Caractérisée par son absence chez Hill, elle se révèle chez Wang omniprésente. Et qu'il est difficile d'aimer sa mère lorsqu'elle ne semble pas saisir le malaise d'être un ado naviguant entre ses identités taïwanaise et américaine.
Alors, sous les traits de Chungsing, Joan Chen ne parle pas beaucoup et encaisse avec grâce les crises de son garçon dans l'attente où il deviendra un peu moins ingrat.
Au coeur de cette dynamique se dégage finalement le joli geste d'un réalisateur qui demande pardon à sa mère, quitte à faire d'elle une productrice associée qu'il consulte pour relire le scénario et participer aux repérages des sports à Fremont où il a lui-même traîné. C'est maman qui doit être fière.