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Vous vous souvenez de l’époque où Tom Cruise n’était pas… Tom Cruise, justement ?S’étant évaporé du carcan cinématographique, délaissant les rôles à la Né un 4 juillet, Magnolia, Jerry Maguire ou encore Collateral,le beau Tom décidant de préférer se la jouer Top Cruise, Tom Hunt ou Tom Maverick, mais plus l’homme qui nous a tant bouleversés dans les années 90 et 2000 (sans oublier War of the World , Walkyrie ou encore à vanilla Sky)Nous pensions cependant que les plus belles années (du moins sur le plan du cinéma pur et non du box-office) du grand Cruise étaient derrière lui.Et pourtant…Il a fallu qu’un certain Alejandro González Iñárritu ressuscite le cadavre de l’ancien Tom, pour enfin un peu y voir une lueur d’espoir à travers le film de tous les excès : Digger.À la fois le retour d’Alejandro González Iñárritu après un Bardo complètement éclipsé sur Netflix post-The Revenant (si on enlève Bardo, véritable retour d’Iñárritu dans le cinéma grand public depuis 10 ans), et celui d’un Tom Cruise qui, depuis quelques années, subit une (toute petite) dégringolade liée au retour décevant de MI 8.Ainsi, revoir le Tom Cruise de l’ancien temps, en véritable leader complètement dégénéré, méconnaissable , (qui rapproche son rôle de celui de Les Grossman , à mourir de rire dans Tonnerre sous les tropiques ) en rôle de sauveur de l’humanité (encore une fois) , mis en scène dans les mains d’un des plus grands auteurs mexicains actuels (avec Del Toro et Cuarón) : tout semblait bon pour constituer le véritable cocktail explosif et délirant de cette rentrée 2026.À n’en point douter, Digger est un OVNI cinématographique unique, complètement justifié par ce que veut raconter Inarritu.Difficile de ne pas parler du film sans oser parler de la grande force du récit, et qui annonce aussi certains spoilers dans le long métrage.L’idée derrière ce film aux allures vaudevillesques, exagérées, pensées comme des performances bruyantes et théâtrales.Oui, vous l’aviez bien compris.Digger est en réalité une énorme pièce de théâtre satyrique comme une immense blague artificielle, sous un énorme budget avec une belle et grande structure de décors et matériaux, l’idée étant de raconter l’histoire qu’on ne connaît pas et qui est partiellement raconté (une bonne idée de narration par ailleurs) Cruise y incarnant un homme ayant réellement existé : exécrable, arrogant, détestable, pitoyable, ainsi la caricature est caricaturé qui pose les limites du long métrage d’Inarritu.En effet , passé la surprise du concept, Alejandro Gonzales Inarritu tente désespérément de tenir un récit qui s’entremêle, qui se répète et qui finit par lasser et qui n’arrive pas forcément à tenir son rythme.Pour autant, ce parallèle de l’histoire dans l’histoire permet de percer un second souffle dans le récit d’Inarritu qui rappelle celui de l’immense Birdman en beaucoup moins bien tenu malheureusement.Ainsi, Digger parvient à tenir son propos clairement écologique et environnemental en y distillant une subtilité de la taille d’un éléphant dans un magasin de porcelaine, c’est-à-dire à l’image de Digger, bruyant, vulgaire et pas très subtil, mais qui permet pour autant d’y faire une déformation de notre réalité comme une immense blague, mais quand la blague cesse vient celle du dégoût et de la réalité, il n’y a plus de rire.Et comment parler de ce film sans parler des acteurs, tant chacun arrive à tirer son épingle du jeu, Sandra Hüller ou encore Riz Ahmed parviennent à tenir leurs rôles à leurs meilleures performances tandis que Goodman est l’excellente surprise du film, incroyable de vulgarité et de ridicule rappelant sans aucune finesse le père Donald, mais comment ne pas parler du messie de ce film, le retour du Tom Cruise : de sa folie, celui de ses extrêmes, de son exubérance de sa libération, Tom Cruise fait clairement le retour le plus tonitruant du cinéma depuis longtemps, méconnaissable certes, mais clairement à mourir de rire,, et qui étonnamment sait ne pas tomber complètement dans la caricature , notamment lors de ce passage de discours au sein de l’ONU comme une véritable prouesse de performance, certains diront que Monsieur Cruise perdure son ascension de véritable showman du cinéma à travers un portrait déroutant, peut-être, mais cette fois-ci ce n’est plus une question de physique ou de cascade mais bien d’acting !En conclusion, Digger semble par moments se perdre dans ses idées et ses enjeux, son manque de renouvellement mélangé à son ton fatiguant et exaspérant ne peut pas espérer un retour totalement réussi de la part d’Inarritu, mais parvient cependant à y déceler une préoccupation dans cet immense grand cirque grandiloquent : celle de la fin du monde et d’un alarmisme fascinant et brûlant sur notre monde actuel, ce qui nous permet également de revoir Tom Cruise comme on ne l’a pas vu depuis 10 ans, chapeau Tom !Digger : 🌕🌕🌕🌗🌑
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