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le 29 sept. 2026
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Magnat du pétrole américain, Digger Rockwell peine à réaliser le danger qui risque d’engloutir l’ouest de l’Europe lorsqu’un morceau de glace plus grand que Washington D.C. se détache du Groenland en raison de ses forages intempestifs. Iceberg, droit devant, il va y avoir du sang…
Quelque chose cloche dans ces paysages idéalisés sur lequel s’ouvre, comme au théâtre, le rideau de la chambre de l’empereur mégalo. Tel un méchant de James Bond, celui-ci embrasse et nourrit à l’ongle une chatte blanche robotique qui n’aspire qu’à mourir. Quand la catastrophe lui est annoncée, Digger, seul au sommet de ses ares, ne pense qu’à sauver son industrie et ses dollars, bien avant le reste du monde.
Alejandro González Iñárritu n’est pas connu pour sa demi-mesure, optant de préférence pour un cinéma qui en jette, comme dans Birdman ou The Revenant. Mais là, c’est à la tractopelle qu’il nous assène sa mise en scène et son message collapsologique. Il y a du Docteur Folamour dans son discours, du Don’t Look Up dans ce déni généralisé, ainsi que du Yórgos Lánthimos puissance 10 – c’est dire –, dans son délire graphique. Filmées le plus souvent en contre-plongée, ses pauvres créatures et Jesse Plemons se déforment jusqu’à en devenir monstrueuses, à l’image des pâles décors dans lesquels tous s’époumonnent. À vouloir trop en faire, la satire finit par grincer aux encoignures, au point de ne jamais être vraiment drôle. La réunion d’urgence du gouvernement américain, conclave d’hommes blancs et gris animés par un prêche guerrier et évangélique d’une bêtise exacerbée, est à peine plus caricaturale que ce que le Donald fait subir à la Maison-Blanche aujourd’hui. Faut-il en rire quand l’avenir de la planète dépend du cancer anal du président ?
Sous un masque de maquillage et un amas de chair plastifiée, Tom Cruise gesticule en espérant revenir, comme Leonardo DiCaprio en son temps, avec une statuette dorée. Las, dans ce Tonnerre sur l’Arctique, sa performance protéiforme se perd, suscitant davantage l’embarras que l’admiration. Malgré le pouvoir cathartique de l’art, son réquisitoire culpabilisant au Sénat ne risque guère d’éveiller les consciences. Au final, plus bruyant que brillant, c’est l’ensemble du film qui en devient assourdissant et indigeste.
(4.5/10)
@cinefilik.bsky.social
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