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Diner
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Diner

Film de Mika Ninagawa (2019)

Avoir des acteurs et de l’argent ne suffit pas à faire un bon film

Il devrait y avoir des limites à ce qu’il est possible d’adapter en images réelles. Rappelez-vous Dragon Ball Evolution. Rappelez-vous Super Mario Bros. Le film du jour ? Diner. Un film adaptant un roman, ou bien un manga, on s’en fou un peu en fait non ? Le principe est simple. Une fille tête à claque qui aime bien utiliser la voix off pour placer les situations n’a qu’un rêve. Aller au Mexique. Pourquoi pas hein, même si comme rêve de toute une vie, je trouve ça assez limité, sachant qu’il y a bien plus cher. Genre, visiter l’Australie, mais bref. Pour se faire, elle accepte un boulot (de merde), faire le chauffeur, pour un cambriolage, qui tourne mal, et la voilà avec des dettes. Et du coup, elle est vendue au propriétaire d’un restaurant, joué par nul autre que notre charmeur et surjoueur préféré en direct du Japon, j’ai nommé Fujiwara Tetsuya. Oui, il surjoue souvent, mais je l’aime bien. Après tout, on pourra dire qu’il a sur son CV la saga Kaiji, bien sympathique, ou encore Battle Royale rien que ça, l’excellent Parade également. Et à côté, oui, des Incite Mill pour Nakata, ou des Battle Royale 2. Du coup, la dame va devoir devenir en gros serveuse de maid café, mais pour des tueurs barrés au look faisant plus penser à des cosplayeurs bien fauchés qu’à des vrais tueurs dans une production prestigieuse qui se prend au sérieux. Et ? Ah non, c’est tout basiquement, pendant deux heures. Des plats fantaisistes, des tueurs qui veulent avoir la classe et débitent des dialogues souvent peu palpitants, des effets spéciaux très spéciaux, des scènes d’action totalement risibles, et en prime, des néons, de partout. Et moi qui adore les néons, je dois bien avouer que le film m’en a quasiment dégoûté. Bon, par où commencer, sachant que basiquement, j’ai déjà tout dit ?


Diner est imbuvable. Il y a bien un ou deux moments où l’on se dit que ça va décoller, ou bien où l’on a envie d’y croire, mais ça ne dure jamais bien longtemps. La coupable ? Ninagawa Mika, anciennement photographe, et qui signe ici son troisième long métrage. J’ai d’ailleurs son second long métrage en stock, Helter Skelter, datant déjà de 2012, mais honnêtement, je crois que je vais attendre. Et cette jeune femme, pour ce métrage en tout cas, a sans doute voulu s’inspirer des premiers films de Nakashima Tetsuya. Vous savez, Kamikaze Girls et Memories of Matsuko. C’était sympathique d’ailleurs. Un peu lourd sur la durée, mais il y avait de l’originalité, un peu de maitrise derrière. Et puis tout à coup, il signa en 2010 Confessions, un excellent drame, à l’opposé de ses précédents films. Lent, contemplatif, très froid, mais néanmoins avec une mise en scène toujours hyper millimétrée. Et bien voilà, Ninagawa Mika, elle a voulu faire un peu la même chose, sans le talent. Le résultat à l’image parle de lui-même. C’est criard, bavard, peu intéressant, peu palpitant, les moments censés être classes sont ridicules, les moments sensés être tristes font sourires par leur bêtise, et malgré tout ça, on s’ennuie, clairement. Sauf si vous avez la larme facile et qu’entendre un tueur peu crédible nous parler de son amour pour un certain plat car cela lui rappelle sa mère vous attriste. Le cas contraire, vous allez rire, jaune, de gène. Car tout est tellement premier degré, tout se prend affreusement au sérieux. Pareil pour ce foutu clébard en CGI que le film nous rajoute tout à coup, et qui ne sert pas à grand-chose, sinon sans doute à faire un peu rire, avant d’en faire un élément, à défaut d’être réellement important, prenant part au scénario. Damn ! Il faut de tout pour faire un monde, mais quand même.


Qu’est ce qui surnage donc de cette médiocrité ambiante, que dis-je, de cette nullité que les studios veulent nous infliger ? Quelques rares petits moments qui fonctionnent, quelques secondes où les acteurs se font plus sobres, quelques plats assez originaux et colorés. Le tout noyé dans une direction artistique détestable, des choix vite lourdingues (les maids sur les tableaux, une fois ça passe, mais le foutre toutes les 3 minutes non merci), et sur le final, cerise sur le gâteau, des scènes d’action risibles avec des tranchages de gorge ultra clean (film pour le grand public oblige), des explosions et flammes en CGI bien dégueulasses, et des gunfights qui feraient rire à en faire une crise cardiaque John Woo. Oui, ça veut se la jouer John Woo, avec saut sur le côté au ralenti, le tout avec un flingue dans chaque main. Sauf que le faire avec talent, ou rendre au moins le tout fun, ça aurait été mieux. Là, que ce soit les acteurs, les effets, le montage, ça coince. Les personnages sautent et tirent, mais rien ne va. Et quand il faut passer au corps à corps, le montage se fait alors plus catastrophique, on aurait presque l’impression qu’il manque des bouts de plans, ce qui amène forcément des faux raccords visibles depuis Berlin (oui une ville au pif). Bref, Diner est une perte de temps, sans doute comme il l’a été pour beaucoup d’acteurs et techniciens sur le tournage. Ah non, eux ils étaient payés…

Rick_D__Jacquet
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Créée

le 21 oct. 2020

Critique lue 196 fois

Rick Jacquet

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