Même si j'ai aimé le nouveau Spielberg, je comprends assez bien les reproches qu'on fait à l'écriture de Disclosure Day. Entre les incohérences, les invraisemblances, des thématiques sur la religion et les médias un peu datées (ni l'un ni l'autre n'a, de nos jours, l'importance que Spielberg veut leur prêter, tout particulièrement les médias qui sont vus ici avec une profonde naïveté), quelques clichés, et une fin que j'ai trouvée assez nulle, il y a beaucoup à redire sur le script de David Koepp. Comme souvent.
Mais merde quoi, comme souvent aussi, Spielberg a parlé à mon âme d'enfant. Disclosure Day me rappelle beaucoup cette époque où j'adorais voir ou même imaginer ces histoires d'extraterrestres un peu complotistes sur les bords, peut-être un peu tirées par les cheveux, mais pleines de magie. La zone 51 alimentait beaucoup de mes fantasmes, et toute forme étrange que j'apercevais dans le ciel devait forcément être une soucoupe volante. Cette époque où je croyais aux ovnis et tout le tralala...
Je crois toujours à une forme de vie extraterrestre, mais plus vraiment du genre petits hommes verts. Pour moi, dans un univers aussi vaste et inexploré, impossible de penser être seuls. Mais j'imagine quelque chose de bien plus lointain, de moins humanoïde, de moins tangible ou accessible... Bref, les ovnis sont devenus des ballons-sondes, les complots ne sont plus que du complotisme ; l'affaire Roswell, un incident politique déterré 30 ans plus tard pour vendre un bouquin racoleur ; les visites extraterrestres sur terre, des foutaises ; les rêveries de l'enfance ont laissé place au cynisme de l'âge adulte.
Mais c'est pas grave. Je peux laisser ce grand enfant de Spielberg croire à tout ça pour moi à travers Disclosure Day : toutes ces théories sont réelles, les extraterrestres sont déjà venus parmi nous, et il est temps de divulguer toute la vérité. Et honnêtement, l'espace de 2h30, ça fait du bien de croire en quelque chose d'un peu magique, de croire que tout est possible, comme quand j'étais gosse. Ce concept qu'a imaginé Spielberg, c'est exactement ce à quoi je croyais, un condensé de mes rêveries d'enfance, que ce soit références pop culture ou réelles théories. Certains auront sans doute une désagréable impression de ne rien découvrir de nouveau. En ce qui me concerne, c'est une douce nostalgie que je ressens.
Alors, c'est vrai qu'on n'a vraiment peu affaire aux extraterrestres eux-mêmes, qui n'ont que très, très peu de temps d'écran. Mais honnêtement, je trouve ça pas plus mal, ça se rapproche d'un Rencontre du troisième type, ça s'éloigne d'un E.T ou d'une Guerre des mondes. Ça ne parle pas tant des extraterrestres que du mystère et de l'émerveillement qui les entourent, et ça crée une atmosphère à la fois angoissante et mystérieuse, ponctuée de scènes d'action comme Koepp sait si bien en écrire.