Je ne pouvais laisser passer le dernier Spielberg, d'autant que la science-fiction est mon thème favori. Je me rendis donc dans ma salle habituelle, stupéfait que je suis depuis quelques mois de mesurer à quel point ces lieux obscurs sont devenus vides pour, à chaque fois, la première semaine d'exploitation des films que je vais voir. Disclosure Day ne fait pas exception à la règle. Nous étions 13 seulement dans la salle numéro 1 qui compte des centaines de sièges. Un peu troublé par ce vide, j'espérai néanmoins pouvoir savourer un bon film.
Ce fût heureusement le cas, le talent du maître étant toujours bien présent.
Disclosude Day débute comme un coup de poing sur un ring de catch. Le spectateur est jeté dans les cordes mais, fort heureusement, tout est maîtrisé. L'intrigue est donc installée avec brio : un informaticien génial décide de révéler des secrets qu'il vient de découvrir dans l'entreprise où il travaille. Une boîte privée "avec des méchants dedans" qui souhaitent conserver leurs lourds secrets. Une course poursuite va donc s'engager pour empêcher le lanceur d'alerte de diffuser son message.
Ailleurs dans le pays (les USA bien entendu), une présentatrice sent approcher le tempête de grêle qui va bientôt l'emporter sans son sillage. C'est par le truchement d'un sabir troublant que toute son aventure va débuter.
Menée tambour battant, l'histoire mélange théorie du complot, intégrité morale, lanceur d'alerte, foi et voyage en enfance. Autant de facettes éparses qui pourraient former un joyeux bazar. Fort heureusement, l'expérience de Spielberg en la matière lui permet de ne pas se perdre en chemin, même si les petits cailloux sont semés progressivement sur les traces du passé. C'est ainsi que dans une assez jolie fluidité, tout s'imbrique pour un épilogue que j'ai trouvé très émouvant et fort bien amené.
J'ai particulièrement apprécié l'interprétation d'Emilie Blunt, décidément formidable actrice qui me bluffe dans chacun des films où je la vois jouer. Colin Firth n'est pas en reste dans le rôle d'un "méchant" qui se veut être le gardien du temple. Un peu moins convaincu par Josh O'Connor, je dois concéder qu'il fait le job et paraît assez crédible.
La musique de John Williams est toujours un régal à entendre et apporte une certaine ampleur à ce film. Ce dernier n'entre néanmoins pas dans la catégorie des chefs d'œuvres de Spielberg. On trouve là bien des redites de ses précédentes œuvres. Les extra-terrestres se révèlent visuellement fidèles à l'image d'Épinal que l'on se fait d'eux dans la pop culture. J'ai néanmoins beaucoup aimé la philosophie véhiculée par celui qui orchestre tout, incarné par l'excellent Coleman Domingo. Il apporte une explication intéressante sur les valeurs de ces êtres venus d'ailleurs sur lesquels les humains plaquent trop souvent leurs propres travers, ceux de la défiance et de l'agressivité. Le remarque de la mère supérieure est à cet égard édifiante. Tout fini donc par s'imbriquer à la perfection. Il manque néanmoins un petit souffle épique pour octroyer à l'ensemble la dynamique que l'on peut trouver dans des œuvres précédentes du maître.
Si Dislcosure Day n'est pas une véritable révélation, il reste toutefois une agréable divertissement.