Le premier problème de ce film est sans doute le manque d’attachement aux personnages. Spielberg a souvent excellé dans l’art de faire exister des figures auxquelles on s’identifie immédiatement. Ici, on peine à créer un véritable lien et, quand le film dure 2 h 25, on s’emmerde assez vite.
L’essentiel du récit nous entraîne dans une longue course-poursuite entre les gentils et les méchants, où les premiers s’en sortent systématiquement grâce à des pirouettes invraisemblables, à la manière d’un MacGyver capable d’échapper à n’importe quelle situation. Comme cette simple miss météo qui saute d’un train à un autre, ou ce petit geek qui parvient à échapper sans une égratignure à un go-fast contre une vingtaine d’agents surentraînés.
Il y a aussi de grosses facilités scènaristoques : Des pouvoirs télépathiques, ou la possibilité de prendre possession de l’esprit ou du lieu d’autrui. Des pouvoirs qui deviennent la solution à presque tous les problèmes : entrer dans des zones interdites, ouvrir des portes ou contourner le moindre obstacle. Un peu trop facile…
Mais le dernier acte du film vient un peu sauver l’ensemble.
Ayant travaillé plusieurs années dans une chaîne d’information en continu, j’ai trouvé la reconstitution extrêmement crédible : le basculement d’une émission classique vers une édition spéciale, la montée en tension dans la rédaction, les équipes qui se mettent en place, la mécanique presque militaire de l’information en continu… Tout cela est remarquablement mis en scène et procure enfin un peu d’émotion.
Sans oublié le super « ah tu as changé de coiffure ? » que dit une journaliste à une autre, alors qu’on est à l’au bout d’une troisième guerre mondiale… la forme avant le fond… l’éternel combat entre deux types de journalistes.
On aime aussi la façon dont l’information se diffuse : d’abord sur une chaîne locale, puis nationale, avant d’apparaître sur les smartphones du monde entier. Tous plongés, tête vers le bas, sur nos iPhone pour une information qui nous invite à regarder vers le haut, vers le ciel.
Cette conclusion met d’ailleurs en lumière les limites de tout ce qui précède. Après deux heures de course-poursuite opposant deux camps, le film se conclut par un revirement où chacun réalise finalement qu’il ne poursuivait pas des objectifs si différents.
Disclosure Day n’est donc pas un mauvais film. On y retrouve, par instants, le sens du spectacle et de la mise en scène d’un immense cinéaste. Mais ces éclairs de cinéma sont trop dispersés dans un récit qui accumule les facilités, les longueurs et qui surtout peine à créer de l’émotion…