Ça y est, Spielberg a lâché la rampe (et pourtant, on adore ce grand Monsieur qui a bercé notre enfance), avec ce remix de Rencontres du Troisième Type aussi bordélique que maladroit. Seule la musique de John Williams est soignée, et flotte au-dessus du marasme. On ne sait même pas par quoi commencer, entre l'ouverture chaotique (un "in medias res" qui nous jette dans une course-poursuite mal filmée, mal expliquée, et assez surjouée : retenez bien, on va replacer ces 3 critiques absolument partout dans ce Disclosure Day), Colin Firth qui met des lentilles bleues ultra-cheap et s'assoit dans des chaises (non, non, c'est vraiment tout ce qu'il fait du film), un néant de contexte (quelqu'un d'autre n'avait pas compris que les gens
dévalisent la station-service non pas à cause des aliens, mais à cause de la 3è Guerre Mondiale
, qu'on nous mentionne à la fin du film ?), et des erreurs assez flagrantes de scénario. Pourquoi les héros veulent-ils absolument déballer leur découverte dans CE studio d'enregistrement local ? Il n'y avait pas une autre chaîne, de plus grande envergure (pour éviter
de les appeler au téléphone
, et risquer que la ligne soit coupée par les méchants, ou que l'interlocuteur s'en contre-fiche et raccroche ?), ou même un outil fabuleux et récent qui s'appelle Internet. Car on est à une ère où ce qui passe à la TV n'a pas beaucoup plus de crédit que ce qui tourne sur les réseaux, au contraire les jeunes se désintéressent de la TV classique et à l'inverse rediffusent en boucle les contenus "choc" : c'était précisément ce qu'il fallait pour l'intrigue... Mais bon. Passons. Aussi, pourquoi les sbires des méchants sont TOUS tournés vers la maison, alors qu'on leur a dit que
Josh O'Connor n'y est pas
, et comme sur les 50 dos tournés, pas un seul ne pense à regarder en direction du champ, évidemment le gentil
se paye un plan-séquence irréaliste où il peut tranquillement monter dans une bagnole
, où on a même laissé la portière grande ouverte pour que le caméraman s'assoit lourdement (merci le soubresaut de la caméra) sur le siège passager (ça y est, on a commencé à soupirer à ce moment du film... Vraiment, Monsieur Spielberg, ce n'est pas digne de vous). Idem, le plan circulaire quand
Josh O'Connor voit un scrop-circle
(parce que "cercle"... vous l'avez ?) qui continue sur l'autre scène en alternance (avec un interlocuteur qui, lui, n'est pas dans un scrop-circle...), donnant une petite gerbe-express (ça tourne dans tous les sens). Les effets numériques sont immondes (les animaux font faux... Et non, "parce qu'ils ne sont pas de vrais animaux" est une excuse facile pour cacher la mocheté du trucage), et la fin est un condensé de nanarderie. Oui, on ose le mot, à un stade où l'héroïne dit "Ne faites pas un geste...Mais sortez de la maison !" (que...quoi ?), où les méchants
ne peuvent plus attraper l'héroïne car elle est "chat perché" (oh non, elle s'est assise, on peut plus la chopper, maintenant...) et repartent donc les mains dans les poches
(que... quoi ? Encore). Autant Colin Firth, comme il a vu
sa femme Jocelyn
dix secondes, il décide
d'arrêter les frais
(mais pourquoi à ce moment précis, alors qu'il était ultra énervé dans la scène précédente ? Euh... Chut, c'est magique), autant l'autre méchant plus teigneux, qui n'a rien vu (lui), on ne comprend pas pourquoi il
rebrousse chemin
, ça n'a aucun sens. Idem
l'alien qui respire par miracle l'air de la Terre
(alors ça, ça tombe bien alors)... Bref, pour ne pas plus taper sur un cinéaste qu'on place d'habitude tout en haut, ce Disclosure Day est une véritable sortie de route, direct dans le fossé. Même le film-canular de l'autopsie "de l'alien de Roswell" sur TF1 en 1995 était plus palpitant et mieux filmé. Damned, deux heures à s'ennuyer ferme, et 35 minutes à rire d'incrédulité devant la fin en roue libre, c'est le premier Spielberg qui nous déçoit terriblement. Une promesse assurée qu'il fera nettement mieux la prochaine fois.