Disclosure Day n'est ni le meilleur film de Steven Spielberg, ni le plus impressionnant, ni le plus inventif, ni le mieux construit. Il n'est pas non plus le plus divertissant, ni le plus cérébral. Il témoigne toutefois d'un brio toujours vif et aiguisé pour la mise en scène, le découpage, le montage et la photographie ; à ce titre, Disclosure Day est exemplaire, parfois même peut-être un peu trop virtuose pour l'avantage de ses prétentions. L'histoire du film reprend un thème cher au cinéaste, y apporte un regard renouvelé quant à son opportunité, échange les dispositions et les fonctions de ses figures imposées, et propose un éventail plutôt original de personnages décisifs. Malheureusement, la narration souffre de circonvolutions trop sinueuses pour maintenir les ambitions du film au niveau exigé par ses propres implications. Le spectaculaire ne se lie jamais aux enjeux du sujet, finalement survolés, et même si les thématiques sous-jacentes sont dûment exposées, les errances fourre-tout et arythmiques de leur traitement ne parviennent pas à combler les béances considérables qui rendent l'ensemble aussi caduque que suspect. Entre thriller, science-fiction, parabole socio-politique et fantaisie merveilleuse, Disclosure Day renonce à se trouver une assise solide et se hasarde à réinventer l'eau tiède tout en distillant un florilège de trop nombreuses citations inopportunes aux précédents films du réalisateur. Il résulte de ces hésitations, d'autant plus préjudiciables que le propos est péremptoire, une synthèse douteuse, naïve et finalement asthénique, un bricolage plutôt qu'une construction, un méli-mélo déconcertant sans surprise mémorable, une fuite en avant délayée jusqu'au dernier mot prononcé avant l'apparition du générique de fin. Une grande occasion ratée.