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The Dig Picture
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le 22 févr. 2023
The Fablemans est un tour de force à la fois humble et magistral. Avec l'habileté d'un prodige ayant éprouvé son art dans les directions les plus sublimes comme les plus dérisoires, Steven Spielberg délivre une œuvre tour à tour poignante sans être brutale, enthousiasmante sans être puérile. Soigneusement composé, le film porte son regard sur l'enfance et la jeunesse d'un cinéaste en puissance appelé à son art par l'émerveillement de sa première séance de cinéma, et confirmé dans son aisance, puis sa vocation, par l'ingéniosité naturelle de ses premiers jeux de caméra, de montage et de trucages. Ce petit garçon, encouragé par une mère artiste inspirée et passionnée par la grâce du geste artistique, accompagné à son insu par un père bienveillant au génie technique resté incompris de sa famille, devra surmonter un conflit de tempéraments pour profiter de la richesse des deux tendances, d'abord antagonistes et qu'il sera voué à rendre complémentaires. Sans effronterie ni élan impudique, Steven Spielberg se dévoile de manière certes romancée et indirecte, mais avec une tonalité franche, probablement imprégnée de vécu, et sur un registre dramatique qui n'élude aucune difficulté. Au sein de chacun des deux actes majeurs du film, les épreuves se formulent, les expériences se conjuguent, et la dramaturgie progresse avec l'acquisition d'une maturité tantôt subie et maladroite, tantôt autonome et déterminée. L'observateur timide et effacé mue au gré des rencontres et des événements, puis se transforme en conteur à mesure que sa personnalité s'affermit. Par delà le récit, The Fablemans offre par incises d'une remarquable intelligence l'une des plus belles leçons sur l'art cinématographique, de ses artifices à ses métiers, de son pouvoir de fascination à la magie ambiguë d'embellir ou de travestir, de magnifier, de témoigner et de tromper. Un chef d'œuvre aussi émouvant que didactique.
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le 11 juin 2026
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