Trop soucieux de ne pas s'afficher comme un blockbuster d'action, Disclosure day fait le choix d'être bavard. Visiblement, Steven Spielberg veut privilégier l'émotion et le mystère avant les scènes d'action. Sauf que Close encounters of the third kind est loin. Et si on doit quand même reconnaitre une certaine maitrise - on parle quand même de Spielberg... - le résultat est largement moins satisfaisant qu'à son âge d'or. Pire, le film apparait bien ridicule à de nombreux moments.
Sur le fond, c'est assez calamiteux. Car bien entendu, les gouvernements mentent sans vergogne à la plèbe pour cacher l'existence des gentils extra-terrestres... Heureusement, telle une vieille émission de Jacques Pradel, le film va tout divulguer. D'où son titre d'ailleurs... Sauf que pour un film qui se veut humaniste et éclairé, on peut trouver qu'il y a un hiatus de taille entre les intentions de l'histoire et les moyens utilisés, avec ce scénario qui ne voit pas le paradoxe à se faire l'apologiste de théories complotistes bien débiles... S'ajoute à ça des allusions à la foi et à la religion plutôt appuyées, des CGI étonnamment laides dans un film signé Spielberg, quantité de scènes cul-cul la praline, des méchants ternes au possible, et des scènes rococos en veux-tu en voilà. Voir à ce sujet celle avec les animaux dans la chambre, qui fait davantage penser à Blanche-Neige faisant le ménage dans sa cuisine, qu'à de la SF.
Sur la forme, le film parait bien long avec une exposition sur plus d'une heure où la situation n'évolue pas, où tout se répète comme s'il fallait dilater les scènes. On aime bien l'idée de la nostalgie chez Spielberg, sauf qu'ici il ne renouvelle rien. On a droit aux mêmes aliens que dans un vieux docu fake sur Roswell, et aux figures auxquelles il nous a lui-même habitué depuis maintenant des décennies. Si le film avait été une réussite, on aurait pu applaudir et en redemander. Mais comme au contraire il est largement imparfait, c'est surtout un sentiment de redite qui prédomine.
Reste que Steven Spielberg reste quand même champion dans la manière de gérer une grosse production. Donc on suit tout ça sans décrocher. Mais on regrette sévère le temps où les soucoupes faisaient leur apparition dans le Wyoming, derrière le Devil's tower.