Oups ! Pardon ! J'ai oublié de switcher de langage ! Je disais : quel bonheur de découvrir sur le grand écran un nouveau film du maestro Spielberg après plus d'une décennie (oui la dernière fois c'était Les Aventures de Tintin, ne me jugez pas) ! Et de surcroit avec une aventure extraterrestre... enfin pas vraiment. Plutôt une aventure humaine.
Le visionnage de Disclosure Day est déconcertant, c'est le moins qu'on puisse dire. Si d'un côté Steven propose un pur film de chasse à l'homme rudement efficace, ponctué d'éléments SF pimentant la traque, le reste est beaucoup plus flou et loin d'être satisfaisant.
Spielberg n'a de toute évidence pas envie de donner le long-métrage auquel l'audience aurait pu s'attendre. Relativement chiche en éléments du 3ème type, cette aventure part du principe que la sphère cinéphile en a déjà assez vu et qu'il est temps de conter un nouveau genre de récit extraterrestre. L'oeuvre devient presque méta : son public ayant l'habitude de voir des petits hommes gris, le réalisateur se concentre alors sur l'aspect souvent ignoré dans ce genre de long-métrages, à savoir comment révéler la lourde vérité qu'est la présence d'aliens. Et ça, ça marche plutôt bien durant les 3/4 du film, Spielberg arquant tout son récit et sa réalisation autour de la notion de "voir". Comme en témoigne son intriguante affiche, Disclosure Day se focalise sur les yeux des personnages, les reflets dans les miroirs, les plans au travers de portières ou de vitres, les séquences en FPV, les gens rivés à leur smartphone, etc. "Voir", c'est tout l'enjeu de cet implacable jeu du chat et de la souris où des protagonistes mémorables tentent de diffuser la vérité sur nos écrans tandis que le très charismatique et méchant Colin Firth (vraiment excellent) veut nous laisser dans l'obscurité. Tout cela combiné la maestria technique de Spielberg (que j'ai pu pour la première fois pleinement savourer à sa juste valeur sur le grand écran) et on aurait été en droit de s'attendre à un vrai chef-d'oeuvre. Sauf qu'il y a un "mais". Un GROS "mais".
Si le jeu d'acteur complétement foireux d'Emily Blunt et le renard en CGI dégueulasse avaient gentiment commencé à refroidir mon enthousiasme, le troisième acte m'a presque givré. Peut-être suis-je débile, mais au moment où les personnages découvrent de quoi il en retourne, moi je ne comprends soudainement plus rien à ce que le récit avait construit. Le plan des héros n'a soudainement plus aucun sens et révèle moultes incohérences scénaristiques, y compris l'incompétence des méchants qui s'accroît plus l'intrigue avance. Tout cela conduit à un final complétement anticlimatique qui réduit cette grande aventure à un ridicule microcosme quasiment enfantin. Le fameux "Disclosure Day" me percute avec timidité, contrairement aux personnages qui en font des turbo caisses devant des images d'archives. Hormis une réplique finale qui, en y repensant, conlu à la perfection une histoire de "voir", l'arrivée du générique me laisse à la fois ricaneur et frustré : avait-on vraiment besoin de la vérité ?
Brillamment mis en scène et en grande partie très bien écrit, Disclosure Day est un ajout solide à la filmographie "extraterrestre" de papy Spielberg mais reste une oeuvre un peu vaine, pas aussi percutante que son créateur l'aurait voulu. Pour un réalisateur juif qui soulève la possibilité de l'existence d'un troisième type dans une société lacérée par le secret, ça manque un peu d'âme.