Intitulé Disclosure Day, ce nouveau tour de force signé Steven Spielberg ne vous demandera pas de croire aux soucoupes volantes, mais simplement de vous souvenir pourquoi vous avez un jour levé les yeux vers les étoiles. Loin des démonstrations de force pataudes, le cinéaste de 79 ans retrouve la grâce vagabonde de ses amours cosmiques en orchestrant une fuite en avant haletante : un génie repentant (Josh O’Connor, nerveux et tourmenté) et une présentatrice météo irradiée d’empathie (Emily Blunt, touchante et drôle) tentent de révéler au monde l’existence d’extraterrestres captifs. L’originalité tient à ce partage des rôles, à Daniel la science brute, à Margaret la télé-empathie, douce et contagieuse, qui transforme la conspiration gouvernementale en fable humaniste d’une brûlante actualité.
L’intrigue, plus proche du thriller paranoïaque à la Minority Report que du conte de fées cosmique, avance à la vitesse d’une panique générale : agents omnipotents, écrans espions et Colin Firth en prédateur glacial. Pourtant, c’est dans les respirations que Steven Spielberg frappe fort : une séquence hommage à Blanche-Neige, une cacophonie télépathique sublimée par le jeu d’Emily Blunt, et ces pauvres aliens, cousins directs de l’inoubliable E.T., réduits à l’état de cobayes. Le film ose poser une question dérangeante : que faisons-nous des merveilles que nous ne comprenons pas ? La réponse, entre ferveur et colère tendre, porte l’empreinte d’un vieux sage qui n’a rien perdu de son mordant.
Alors oui, quelques scènes d’action mollassonnes et un mysticisme un brin trop appuyé émaillent le parcours. Mais qu’importe : Disclosure Day électrise par sa candeur militante, son rythme enlevé et cette certitude viscérale que l’émerveillement est un acte de résistance. Ce n’est pas un hasard si le film s’achève sur un regard, celui de Margaret vers ce qui la dépasse. Le même regard que vous aurez en sortant de la salle : celui d’un spectateur à nouveau relié à son propre ciel intérieur. Une révélation, justement.