Je parcours les avis sur ce film et je confesse être un brin sidéré. Tant de critiques élogieuses. Tant d'enthousiasme. Et même chez les moins extatiques, tant de pudeur de gazelle. A quelques exceptions près, que de complaisance dans les retours.
Et moi, ça m'interroge. Est-ce que je suis débile? Est-ce que je suis un gros cochon à qui on a refilé une douce confiture qu'il ne méritait point? C'est possible. Il ne faut jamais laisser son égo écarter d'un revers de la main ce genre de possibilité. C'est possible. Mais c'est "possible" de la même façon qu'il soit possible que des extraterrestres aient bien fait un accident de voiture spatiale sur la route des vacances et soient retenus prisonniers dans la Zone 51. C'est possible que le gouvernement Américain cache des Aliens dans un frigo et c'est possible que Trump, pour se faire mousser, invite Kanye West à venir admirer ces petites créatures entre deux pintes de 8.6. C'est possible. Je n'ai aucune preuve que ce ne soit pas le cas. Et j'ai vu tant de choses sidérantes dans ma vie. Je dois rester ouvert.
Mais on va pas se mentir, si je devais parier ma paye du mois sur une explication, je pencherais bien davantage vers l'hypothèse d'un phénomène de sacralisation. De la même façon que nos amis Lusitaniens semblent éprouver quelques difficultés à pousser leur Ronaldo chéri vers la sortie, il semble que nos amis "cinéphiles" aient le plus grand mal à admettre que la juste place de papy Spielberg n'est plus derrière la caméra, mais dans une maison de retraite de l'Arizona.
Le dernier Spielberg que j'avais vu avant ce film, c'était Ready Player One et ce dernier avait eu de la chance de sortir à une époque où j'étais beaucoup moins assidu sur ce site. Je n'avais donc pas pris le temps de lui faire sa fête. Mais déjà en ce temps-là, quelle douche froide! J'avais trouvé ça d'une indigence innommable. C'était vide, vomitif de fan-service gratuit et de références creuses. Les protagonistes étaient d'une fadeur bien au dessus des standards légalement autorisés. Rien n'était crédible et la morale était puante de niaiserie.
Et là, ça ne s'est pas amélioré. En vrai ça a même "empiré". Car Ready Player One était certes inutile et fade au possible, mais il était gentillet. Il a glissé sur moi comme un pet sur une toile cirée. Ce Disclosure Day, lui, il m'a profondément énervé en fait. J'ai soufflé du nez tout du long et ce n'est que par respect pour les autres spectateurs que je me suis retenu de hurler mon agacement à la face du monde.
A tel point, que, fait rarissime, je lui ai donné la note de 1. Bien sûr, c'est une note volontairement exagérée ; fondamentalement, le film mérite sans doute un peu mieux, vu que, quoique j'en dise, il reste un certain savoir-faire technique et artisanal (dans la compo des plans, les mouvements de caméra etc.). Mais le film m'a tellement énervé, son accueil critique me semble tellement frauduleux, que j'ai pas pu m'empêcher de sortir cette note "poil-à-gratter".
Quelque part, c'est plutôt à mettre au crédit du film en vérité : au moins, il aura su me faire réagir, me sortir de ma léthargie, me provoquer des sentiments, même si négatifs... D'un certain point de vue, c'est mieux que la plupart des productions actuelles, calibrées pour entrer dans un oeil et ressortir de l'autre, sans aucun effet notable.
Mais oui, bon Dieu que ce film m'a énervé. Déjà, commençons par l'éléphant dans la pièce, le délire religieux.
Et qu'on est poursuivis par des agents qui veulent nous tirer dessus et que j'ai des clé USB top secrètes avec des images d'Aliens et que nous sommes en mode révélation ultime au monde entier... Et que là ça nous sort des :
- Non, tu ne peux pas révéler ce secret!!!
- Et pourquoi pas?
- Parce que les gens croient en Dieu, c'est grâce à ça qu'ils arrivent à se lever le matin. Que va devenir leur Foi s'ils apprennent qu'il existe des petits hommes verts?? Tu imagines? Ce sera l'anarchie! Les gens n'aurons plus de repères; ils vont se mettre à manger des Pizza à l'ananas et à porter des chaussettes dépareillées!!
Mais fort heureusement, ce problème existentiel majeur fini par être résolu et de la plus belle des manières. En effet, notre brave bigote appelle sa mère supérieure pour avoir un avis éclairé sur la question:
- Mais, Soeur Bernadette, si jamais on apprend qu'il y a des extraterrestre, comment se portera votre Foi? Survivra-t-elle?
- Mais oui ma grosse bêta. C'est dans la Bible : d'une côte d'Adam, Dieu créa la femme, et d'une crotte de nez d'Adam, Dieu créa les extraterrestres. Tout va bien.
- Ouf, je suis soulagée!
Pffffff....
Et aux mauvaises langues qui viendraient m'accabler en mode "Oué mais ça c'est par ce que t'es qu'un sale Agnostique intégriste, t'es pas capable d'apprécier une oeuvre qui sait se pencher sur la spiritualité, t'es qu'un être butté et fermé d'esprit!"
Je répondrais OBJECTION!!! Certes, je suis bien un sale Agnostique intégriste, mais je suis totalement capable d'apprécier une oeuvre dégoulinante de spiritualité et d'évocations à Dieu (cf BattleStar Galactica qui trône sur le podium de mes séries préférées all time!), du moment que ce qui entoure ce bouzin est de qualité, que c'est fait avec style et que cette question est véritablement traitée.
Or là, ce n'est pas le cas. Le film est mou, chiant et passablement incohérent (on y viendra plus tard). Les délires religieux sont appuyés avec la grâce d'un tractopelle sur une route cabossée. Tout est d'un didactisme des plus rance. Et ce n'est jamais vraiment traité. C'est juste foutu là en mode "La Foi c'est très très important" et c'est tout. Oui, on sait que tu va bientôt mourir et que ça te travaille Spielberg, et sincèrement, je comprends parfaitement, mais fais ton introspection sans faire chier le monde entier s't'plait. Tiens, ça me rappelle la phrase de Moore : "La majorité de la production est minable, quel que soit le support. Il y a des films merdiques, des disques merdiques, et des BD merdiques. La seule différence, c'est que si je fais une BD merdique, cela ne coûte pas cent millions de dollars."
Bon, au de la de cette question, qui m'aura fait grincer des dents, RIEN ne va dans ce putaing de film.
Déjà les dialogues sonnent faux et sont d'une gênance indicible (pas aidés par la VF il se peut...)
Ensuite, les enjeux sont abscons et pas crédibles pour un sou. Ce point a déjà été soulevé par bon nombre de gens (même ceux qui sont indulgents avec le film) donc je vais pas m'appesantir trop dessus, mais d'où, si t'as des fichiers sensibles à divulguer au monde, tu vas viser à toux prix une putaing de chaine de tv régionale? Est-ce que Julian Assange a fait des courses poursuites avec des membres du GIGN pour atteindre les studios de France 3 Alsace afin de dévoiler ses infos entre deux reportages sur la Choucroute garnie? Je ne crois pas. C'est quoi ce délire de boomer sérieux? Et puis d'où tout le monde crois au délire du premier coup? Mais allô, vous vivez dans quelle dimension les gens?
Et puis même, le truc de pourquoi le protagoniste a viré sa cuti et est passé du côté obscure au côté lumineux de la Force, ça vous intéresse? Et bien il nous le dévoile, dans une vidéo grotesque où on ne voit que dalle! On entend vaguement un Alien beugler, allongé sur un brancard avec des humains autour. On est censé comprendre que les humains sont très très très méchant et torture le pauvre E.T. ok. Sauf qu'en vrai, la vidéo pourrait tout aussi bien être une tentative de sauver l'Alien qui vient de subir un accident de soucoupe. Du coup, l'impact émotionnel de cette "révélation" qui est supposée nous "tournebouler", bin elle frise l'encéphalogramme plat en fait.
Ensuite, sur le délire des ET et les animaux... Comment dire?... Comment rester poli?...
Vous savez quoi, comme disait l'autre "Puisque tout a déjà été dit, et bien mieux qu'on ne saurait le faire, il n'y a qu'à citer." ; du coup je vais me contenter sur ce point de citer Plume231 (rendons à César ce qui lui appartient, toussa toussa) :
"Tout ce qui tourne autour du flashback se déroulant une nuit neigeuse (sans trop spoiler !), on dirait une publicité Coca-Cola de Noël réalisée en IA. Le rendu est affligeant de laideur."
Mais oui!!! Mais c'est tellement ça bordel!!! Sur fond de "Un jour mon prince viendra" pour ne rien gâcher!
C'est d'un niais. Tout est tellement niais dans ce film. Comme ce pouvoir d'empathie (qui en soit est une idée très intéressante hein) qui est traité de manière si grotesque que j'ai failli m'étouffer!
Alors je sais, les mauvaises langues vont m'accuser d'être un affreux cynique et donc d'être subséquemment incapable d'apprécier la magie féérique d'un Spielberg qui lui au moins, a su garder son âme d'enfant.
Là encore, je répondrais : OBJECTION!!!!! J'ai récemment beaucoup apprécié projet dernière chance qui était pourtant débordant de bons sentiments...
Combattre le cynisme ambiant, moi j'ai rien contre, vraiment, mais faut le faire bien, sinon, tu ne combats pas le cynisme, tu le nourris.
Alors oui, j'ai pour habitude, dans un souci d'honnêteté intellectuelle et de pondération, de toujours faire un point sur les défauts des oeuvres que j'ai adoré et sur les qualités de celles que j'ai détesté, donc au niveau du positif, disons que il y a un certain savoir faire formel (encore heureux ai-je envi de dire!). Et aussi que j'ai bien aimé la dynamique du couple de la miss météo et de son mec. C'était assez drôle et presque touchant. Mais bon, le film a du s'en rendre compte puisqu'il vire très rapidement ce personnage, auto-sabordant sa seule micro-poussière d'ancrage émotionnel...
A part ça, rien ne fait sens dans ce film. Pourquoi les deux loustics ont ils un tel traumatisme si au fond, les Aliens sont sympa et bienveillants? OSEF
Pourquoi quand le protagoniste se tient au milieu d'un champ de blé, ça fait des Chocapics... euh, des Crop Circle?... Qu'est ce que c'est cringe bordel!
Pourquoi la nana se met à parler en Russe? OSEF
Pourquoi les 57877564453567668 véhicules des méchants se garent à 3 km de la maison quand ils viennent arrêter le couple de fugitif?... Pour donner l'occasion au Héros de sauver la nana bien sûr...
Pourquoi y a t il des Aliens sur terre et que viennent-ils faire? OSEF
Pourquoi tout ce délire de clés USB alors que le crew a littéralement un Alien vivant sous le coude, qu'ils sortent du placard à la toute fin, dans une scène d'un ridicule paroxysmique? OSEF au carré!
C'est quoi ce Mac Guffin des Enfers, qui un coup permet de se rendre invisible, un coup de communiquer à distance, un coup de rallumer l'électricité, un coup d'aspirer la poussière? J'avais pas vu un truc aussi pathétiquement fainéant depuis le Hogyoku dans Bleach...
Pourquoi, la phrase finale du film est elle un ridicule "allons y" ou "c'est parti" ou je-sais-plus-quoi dans ce gout là, alors qu'il aurait été TELLEMENT plus logique et signifiant de mettre la fameuse phrase qui fait le fil rouge de tout le film : "n'ayez pas peur de l'inconnu", mais non, même ça ils z'ont pas été foutus de le réussir!... J'veux dire... Sérieux... je vais pleurer là...
Bref, un film foiré de A à Z. Un film ringard. Un film stupide. Un film niais. Un film qui achève définitivement de me convaincre que la sacralisation dogmatique est parmi ce qui se fait de pire chez l'Humain. Oui, Spielberg a été un très grand Réal. Oui, il a pondu des films que j'adore d'amour (Jurassic Park, Indi, Hook, Minority, E.T. etc etc.), mais franchement, ça reste un humain fait de chair et de sang, qui fait pipi-popo comme tout un chacun et qui est faillible. Ne l'oubliez jamais, nous sommes tous faillibles. Aujourd'hui plus que jamais : Brulez vos putains d'idole*!!
* Il s'agit là d'une image symbolique et métaphorique. L'auteur de ce billet tient à insister sur le fait qu'en aucun cas, il ne fait, de près ou de loin, l'apologie de la crémation de son prochain hein. T'as compris, Jean Premier degré?... Merci.