2
le 12 juin 2026
SuivreRencontres du Pire Type !
Je vais débuter cette critique par une question un peu provocante : si cette purge n'avait pas été réalisée par Steven Spielberg, mais à la place par n'importe quel réalisateur de dixième zone,...
On va pas mâcher nos mots ici, si vous êtes dans le politiquement correct, passez votre chemin y'a rien a voir.
Le language cinématographique de Spielberg à très mal vieilli.
Tous les codes du cinéma , tous les normes qu'il a érigés au fil de sa filmographie - que ce soit au niveau des dialogues, de la musique, des scènes d'actions, des moments de tension et même des jeux d'acteurs - sont abberants d'obsolescence.
Ça ne tient plus la route, en big 2k26, la fameuse perso féminin qui est prête à tout pour briser le masque du silence du personnage masculin, en s'introduisant sans autorisation dans une voiture qui part vers le danger, avec des répliques de golmon du style "je fais mes propres choix !! Alors, on y va?"
Allez sors de la voiture du cinoche Spielberg, elle va trop vite pour toi OUI JE SUIS ACERBE, C'EST UN MONDE DE REQUINS ICI TU CROYAIS QUOI TOI (par rapport a Jaws bouh le grand requin blanc)
Ça ne tient plus la route ces dialogues surannés qui viennent souligner , avec une musique plus que lourde, une tension qui s'envole aussi vite que son annonciation volatile.
Passons vite fait sur le synopsis du film: un homme énigmatique du nom de Daniel (Josh O'connor) quitte son travail tout aussi obscur et s'embarque, avec une femme rencontrée dernièrement du nom de Jane (Eve Hewson) dans un dangereux périple pour faire éclater la vérité au monde sur les réelles activités de son secteur.
En gros , dans son travail, ils ont découverts de vrais aliens, qu'ils torturent à des fins scientifiques. Et tout ça bien sûr dans le plus grand des secrets.
Bon déjà, je vais vite passer sur la figure mythique issue des années 80 du personnage féminin au cinéma qui suit aveuglément le personnage masculin, obscure et plein de secrets, pour découvrir ce qu'il se cache derrière son masque d'homme soooooooooooombre (c'est trop stylé en vrai d'être mystérieux). La fameuse critique Mahaut BAUDRY, qui s'est déjà illustrée de nombreuses fois grâces à ses brillantes analyses cinématographiques et critiques féministes, en parlera mieux que moi.
Cependant, je peux m'étendre sur l'importance politique du personnage dans le film. Lors d'une scène (de merde) où le couple se cache dans une ferme abandonnée à l'abri de la police des aliens, une quesstion se pose sous la forme d'un dialogue : la vérité est-elle toujours bonne à dire?
Et allons plus loin: devons-nous, en tant que peuple, nous satisfaire d'une véritée imposée pour "notre bien"?
Alors, cette question était bien par exemple quand Le Petit Moine s'opposait à Galilée dans la pièce de théâtre "la vie de Galilée" de Brecht sorti en MILLE NEUF CENT TRENTE-NEUF (j'ai écrit en lettres parce que faut les choquer).
En fait ça m'énerve cette take obscurantiste et carrément anti-révolutionnaire qui feint la défense des petites gens parce que leurs croyances ou leurs gestes "perdraient de leurs sens" s'ils découvraient qu'ils n'oeuvrent pas pour Dieu ou pour le bien commun, mais seulement pour des gens qui en profitent.
Cette question ne se pose plus en 2026, parce qu'en 2026, les gens ont le droit de savoir. Le peuple mérite de savoir TOUT ce qu'il se passe. Et ce n'est à personne d'autre que le peuple, surtout pas à l'Etat, de décider si c'est pour notre bien ou non.
Ah et aussi, la religion, et plus précisément la foi, et le matérialisme ne sont pas aussi asymétriques qu'on ne le pense, mais autre débat ça.
En dernier lieu, j'aimerai revenir sur un élément commun sur ces scènes vides aux dialogues convenus qui se découlent sous nos yeux; le jeu d'acteur. Du cabotinage excessif tout du long qui frise parfois le ridicule. Typique américain ça. Ce peuple est tellement inhumain qu'ils ont oublié comment ressentir les choses normalement (je vous jure que des fois j'ai l'impression que c'est ça ; POV: un alien arrive sur la terre : "BZZZT BZZZT bonjour humain je suis américain et comme vous je pleure regardez je suis humain comme vous")
Ce sur-investissement émotionnel nous déconnecte encore plus des enjeux, déjà mis à rude épreuve par la réalisation grotesque de Spielberg.
Pour finir, j'aimerai parler d'un critique sur Insta dont j'ai oublié le nom, qui m'a un peu marqué. Il mentionne l'excellente critique de Serge DANEY sur le film Jaws, que je vous invite à consulter ; mais il fait part d'une analyse plus personnel en parlant d'un "cinéma de la maîtrise", un style exercé, selon lui, par des réalisateurs tels que Michael Mann ou Alfred Hitchcock.
Les deux réalisateurs capturent dans l'image des personnages avec une idée, une motivation, une maîtrise excellente de leurs entreprises, qui vient se dérégler grâce, ou à cause, d'un élément qui provient généralement (assez paradoxalement) de leurs systèmes bien huilés.
Par exemple, dans Heat, (Michael MANN, 1995), les deux protagonistes, joués brillamment par Al Pacino et De Niro, sont deux personnages opposés. De Niro, chef d'équipe de braqueurs professionnels, s'oppose a Al Pacino, lieutenant de police opiniâtre.
Les deux personnages ont une discipline excellente dans leurs domaines, et investissent bien plus qu'ils n'en faut. Ils sont effroyablement judicieux et calculateurs, et ne laissent rien au hasard.
Seulement voilà : ce n'est pas suffisant , et ils perdent tous deux quelque chose de très important. Al pacino perd sa femme, figure allégorique de la perte de l'intime et de la vie privée lors d'une aliénation au travail; et De Niro perd la vie. Figure allégorique de rien du tout il est juste mort en fait.
Malgré leurs efforts surhumains pour resserrer inlassablement les boulons de leurs énormes machines, elles finissent écrasées par leurs propres poids.
Changeons d'époque (et de couleurs haha (je me sens seul mais je crois que je vais mieux en vrai)) Psycho, d'Alfred HITCHCOCK (1960).
Norman Bates, (Anthony Perkins) un jeune homme perturbé, propriétaire d'une vieille demeure surplombant le motel dont il est également propriétaire, rencontre Marion Crane (Janet Leigh), une automobiliste en fuite, qui connaîtra un destin tragique dans une scène de douche passée à la postérité. Un détective privé (Martin Balsam), puis l'amant (John Gavin) et la sœur de Marion (Vera Miles), se lancent à sa recherche.
Premièrement, on va s'attarder sur la première partie du film, lorsque Marion se voit confier par son patron, Georges Lowery, 40 000 dollars, pour le déposer à la banque à son nom. Marion prétend des maux de têtes pour rentrer plus tôt chez elle. Elle réussit, mais au lieu de vraiment rentrer chez elle, elle prend la route pour rejoindre Sam, son amant, et s'enfuir avec les 40 000 dollars.
En vrai legit.
Mais, de petites difficultés traversent sa route. À la suite d'un léger endormissement dans sa voiture, Marion se fait arrêter par un policier. Elle commence à avoir chaud là. Elle débite pour passer le contrôle, et le policier se contente simplement de la sermonner sur la dangerosité sur le fait d'être endormi au volant.
Cependant, intrigué par la nervosité de la jeune femme, le policier relève la plaque d'immatriculation, et la suit.
Marion, qui sent le traquenard arriver, se précipite dans un magasin de voitures, et s'empresse de changer sa voiture pour 700 dollars.
Elle y parvient, mais le policier est toujours la. Il la surveille de loin, ce qui rend tous ses efforts inutiles.
Donc là, nous avons un exemple des mises en tension du film.
Marion, qui a fait vraisemblablement tous les bons choix, ne peux pas tout contrôler : sa fatigue physique, et surtout le policier têtu qui va la suivre, et qui va annuler toute cette belle maîtrise.
Plus tard dans le film, Marion rencontre Norman au Motel, se repose dans sa chambre puis Norman la tue (bon vous connaissez le film c'est bon je vais pas revenir dessus).
Le tueur avait un système assez bien rôdée, si l'on en croit le trou dans le mur de Marion; toute la mise en scène pendant le repas entre Marion et Norman, et surtout la chorégraphie macabre pour nettoyer la salle de bain après le meurtre ainsi que pour cacher le corps.
Cependant, Norman ne pouvait pas savoir que le policier avait suivit Marion jusqu'au Motel, ce qui veut dire qu'il sait ou elle à été pour la dernière fois.
Il ne pouvait pas savoir également qu'elle transportait à ce moment-là 33 000 dollars, et que son patron allait tout faire pour la retrouver, engageant un détective privé très cher et très investi pour savoir où est son argent.
À la suite de visite létale de la maison, on découvre le subterfuge. Norman se déguisait en sa mère, et c'est lui qui tuait toutes ces personnes résidents dans son motel.
Je viens de me relire, il est grave long mon exemple sa mère qui va lire ça en vrai
On se rend compte, grâce à ce cinéma de la maîtrise, toute l'importance du régime dialectique dans un long-métrage. On reconnaît la qualité des contradictions, indubitablement impossibles à converger (le travail acharné et conserver une vie intime dans Heat pour Al Pacino, tuer des gens avec aussi peu de renseignements sur la personne en question, et garder une perennité dans ce système dans Psycho) nous amène à dépasser ces contradictions pour analyser un réel aussi cruel que juste: on ne peut pas tout maîtriser.
Ces points de tensions au sein d'une oeuvre la rend immédiatement plus élaborée, aboutie et donne raison à un art qui bouscule plutôt qu'un art qui accompagne.
Ces points de tensions, ces contradictions, on les connaît ; on les appréhende dans notre réel tout les jours. Il est donc toujours plus judicieux de les placer dans les oeuvres artistiques.
C'est juste mieux en fait. Au bout d'un moment il faut dire les choses.
Il n'y a pas une seule contradiction dans le nouveau film de Spielberg. Pas un seul point de tension. Et c'est là-dessus mon principal reproche du film: l'exubérance d'une maîtrise ridicule, mis en avant par une narration faignante et convenue.
Tous les personnages maîtrisent trop bien leur
sujets, car ils sont bloqués dans un système narratif que tout facilite.
La séquence lunaire ou le pp parvient à voler une voiture du FBI (parmi les 50 agents et voitures présentes sur les lieux pour entourer la ferme ou résidaient les deux pp je rappelle) et s'enfuit avec sa copine ? Donc là, le gars vient de fuir les personnes les plus entraînées du pays parce que le gars s'accroupit juste?
S'en suit une course-poursuite avec les voitures du FBI et la voiture de notre héros miraculé et sa compagne Jane.
Ils arrivent à un ravin, et vient une idée de génie a Jane (qui évidemment nous suggère qu'elle a souvent été confrontée à ce genre de situation d'intense stress de course-poursuite en voiture par le FBI) : ils sortent en urgence de la voiture, et placent un caillou sur l'accélérateur. La voiture fonce dans le vide, par-delà le ravin, et tombe dans la mer.
Le FBI arrive, analyse les traces de pneus qui se dirigent vers le ravin, et contemplent la chute. Ils se retournent vers leurs collègues, sidérés: comment ils vont faire pour les retrouver ?? La voiture est tombée!!! C'est impossible !!!
Pendant que rigole le petit couple qui sont CACHÉS DERRIÈRE UN ROCHER A 10 M DE DISTANCE mais on est dans un cartoon la?
Le FBI ne peut pas fouiller la zone autour d'eux? On apprend quoi là-bas ?
Mais quelque part ça me rassure. Parce que une fois sorti de la salle, j'ai vu une scène coupée sur YouTube. Un agent du FBI fouille effectivement la zone et retrouve Jane et Daniel. Mais, avant qu'il ne puisse prévenir ses collègues, Daniel sort de sa poche pectoral un marteau de 10 000 T et l'assène sur l'agent en question. Ce dernier se retrouve assommé avec des oiseaux qui piaillent et qui tournent juste au-dessus de sa tête.
Aucun personnage n'est en difficulté tout au long du film, aucune action n'est largement empêché ; simplement très légèrement troublé mais assez vite résolu.
Tout le film se déroule sans encombre. Forcément, on perd vite la tension, la contradiction, et la suite de scènes et de séquences qui se déroule devient vite un gag.
Super le film. Tout se passe bien.
Pour finir, j'appuyerai un dernier coup sur le propos du film et sur la "potentielle vérité à découvrir".
Il n'y a pas de vérité caché qui nous permettra d'ouvrir les yeux. Il n'y a pas d'aliens qui se cachent et qui se font torturer par des médecins secrets. Et puis même s'il y en avait sur Terre, on s'en fout.
Car on sait déjà trop de choses pour ne pas se révolter. On n'a pas besoin de savoir qu'il y a des aliens sur Terre pour faire bousculer les choses, on à déjà des génocides et des fichiers Epstein qui nous suffisent largement pour savoir quoi, et surtout qui combattre.
Quel culot de leur part de nous faire un film sur "une vérité caché que le peuple mérite de savoir" mais on sait déjà tous les potes wtf remballez vos perches de son et vos jeux d'acteurs minables ça sert à rien.
Merci pour les dinosaures Spielberg , mais la c'est le garage.
Nos ennemis politiques ne sont pas aussi discrets, malins et intouchables qu'on ne le pense, et ce n'est sûrement pas un film américain qui me fera dire le contraire.
Créée
le 5 juil. 2026
Critique lue 19 fois
2
le 12 juin 2026
SuivreJe vais débuter cette critique par une question un peu provocante : si cette purge n'avait pas été réalisée par Steven Spielberg, mais à la place par n'importe quel réalisateur de dixième zone,...
7
le 9 juin 2026
SuivreLe nouveau Spielberg Disclosure Day était sans doute ma plus grande impatience cinématographique de l'année. Plus que L'Odyssée de Nolan, davantage que Digger le prochain Iñárritu, et au moins autant...
7
le 12 juin 2026
SuivreLes temps sont durs pour Hollywood : alors que les franchises s’enlisent, les propositions de blockbusters originaux se plantent et que ne surnagent que des biopics sans âme, même un patron de l’âge...
4
le 31 mai 2021
Suivre"A bout de souffle" de Godard, décrit par son partenaire de la nouvelle vague, Truffaut , comme étant "le chef-d'oeuvre qui lança la carrière de Godard", n'a pas du tout fonctionné sur moi. Bien que...
5
le 13 mars 2025
SuivreSi j'aime Bong Joon-Ho, c'est pour son humour acerbe et cynique que je retrouve dans Parasite, ou alors pour son côté haletant et original du fabuleux Memories Of murder.Je n'ai trouvé dans sa...
9
le 29 mai 2023
SuivreDans le Hong-Kong somnolent de 1962, Mrs.Chan et Mr. Chow emménagent dans des appartements voisins le même jour. Une découverte sur leurs époux respectifs va créer une relation entre eux.Un film sur...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème