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Autant je n'avais pas été convaincue par le film autobiographique de Tonton Steven, autant j'ai du mal à comprendre la sévérité ambiante vis-à-vis de cette aventure qui m'a tenue en haleine pendant ses deux heures et demie. Je n'ai pas été aveugle à quelques défauts véniels, notamment dans la première partie, quand l'héroïne se découvre des facultés nouvelles qui donnent lieu à quelques quiproquos à visée comique (à laquelle je suis parfois imperméable...), les rebondissements un peu radicaux qui défient la logique (l'informaticien qui conduit soudainement aussi bien que les barbouzes surentrainés qui le poursuivent), la caricature de certaines répliques (en particulier concernant le télescopage acrobatique entre vie extraterrestre et religion), mais bon, foin de tout ça, quand même, il faut admettre qu'on s'embarque là pour une aventure trépidante, dont l'entrée en matière est éblouissante d'efficacité. Avec quelques percées en caméra subjective toujours bien menées et pertinentes, comme une invitation à sortir un peu de nos perspectives habituelles, qui ferait écho à la toute dernière réplique stimulante du film. Entre le match de catch (hello, Mr. President !) et l'adresse finale à nous tous, une course-poursuite effrénée qui se ménage des moments au ralenti pour mieux repartir et nous décrypte un certain nombre de mythes modernes qu'on avait découverts dans les X-Files notamment : petits gris, zone 51, crop circles, rétro-ingénierie, agences gouvernementales secrètes, et j'en passe, on est en terrain connu. Spielberg excelle toujours à attacher les ficelles pour livrer une version personnelle et facile à suivre d'un bazar innommable, et il a bien travaillé en compilant ici bien des images qui nous intriguent depuis la fin de la 2ème guerre mondiale. Pour plus de vraisemblance, il place cette histoire dans un contexte de 3ème guerre mondiale, dont les plus pessimistes observateurs pourraient prétendre qu'elle nous pend probablement au nez, et tente de nous faire cadeau d'une perspective un peu plus élevée. Pour ça, merci. Franchement, ça change de Pascal Praud et ça rapproche un peu des documentaires astronomiques d'Arte, qui nous rendent une échelle plus enthousiasmante dans la grande ronde universelle. Surtout, ça s'attaque au culte du secret, qui n'est qu'un autre mot pour la confiscation du pouvoir. Car la connaissance, c'est le pouvoir, et priver les gens d'informations essentielles en les abrutissant de bruits dissonants, c'est un crime bas bruit dont on mesure mal les conséquences tragiques. Alors Spielberg, une fois de plus, se place du côté de Monsieur et Madame Toutlemonde, notamment avec un Josh O'Connor qu'on pourrait croiser à la boulangerie, et se propose de leur offrir un petit moment de saine réflexion sur leur place dans le vaste univers. J'aime bien, moi, ces décollages échevelés qui nous éloignent des conflits sans queue ni tête qui sont devenus quasiment du divertissement sur les chaînes d'info, avec leurs coups de théâtre insensés, et nous replacent dans une perspective d'espèce, de maillon dans un écosystème planétaire, voire bien plus vaste, comme le chantent les mythes des peuples premiers depuis toujours. L'archéologie, l'astronomie, la physique quantique, les cosmogonies indigènes, tout conspire à nous faire lever le nez de nos guéguerres tragiques, mais l'attrait des écrans reste un frein majeur aux prises de conscience individuelles qui pourraient mener à un sursaut collectif. Alors que le plus grand réalisateur au monde, qui règne sur une bonne partie de notre imaginaire depuis presque 5 décennies, propose une relecture ébouriffante de mythes contemporains susceptibles de nous donner à tous une nouvelle dimension dans l'histoire du cosmos, je trouve ça enthousiasmant et salutaire. Et ça vaut bien qu'on soit un peu indulgent avec son film qui, au demeurant, ne démérite nullement, formellement. Car il sait toujours filmer, le bougre ! Et John Williams n'est pas non plus devenu sourd avec l'âge. Ce duo-là nous donne une leçon de longévité créative qui vaut bien qu'on leur consacre deux heures et demie. Et puis, les films de science-fiction se font si rares ces temps-ci que je ne saurais bouder une sortie pareille. Sérieux, les bougons, c'était drôlement bien ! Et les cinéphiles fans de Spielberg y retrouveront nombre de clins d’œil à ses films passés, de Rencontre du 3ème type à Poltergeist en passant par E.T. ou Minority Report; il a déjà fait tant de cadeaux aux amateurs du genre qu'on peut trouver là une sorte de cerise sur son gâteau qui mérite notre reconnaissance. Enfin bref, ça vaut le détour, en somme.
Créée
le 19 juil. 2026
Critique lue 14 fois
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