20 ans qu’on attend le western en bonne et due forme de M. Tarantino. 20 longues années. Et si le thème est toujours présent voire omniprésent dans sa filmographie, il n’en reste pas moins que les cow-boys n’ont jamais été présents. Alors qu’est-ce que c’est un western à la Tarantino, qu’est-ce que c’est Django ?

Django, c’est la folie. La folie d’un réalisateur passionné de cinéma, cinéaste et cinéphile. La folie d’une histoire d’Amérique pas si cool que ça, bête, animale, raciste. La folie d’un homme, qui a soif de vengeance, un homme noir. La folie de Leonardo diCaprio en méchant absolu, jouissif et jouisseur d’un rôle qui lui va si bien. La folie d’oser prétendre qu’un allemand est le seul qui a un semblant de respect pour la vie humaine dans l’Amérique et des libertés, au pays d’Hollywood et ses stéréotypes.

Django est intelligent. Le personnage pas forcément, il n’est pas éduqué, son histoire oui. Une moquerie ouverte de cette Amérique si fière de son passé, de ses traditions. Une ridiculisation de ces blancs becs sous leurs cagoules mal trouées. C’est l’intelligence supérieure d’un Christoph Waltz toujours aussi bon face à un pays tout entier. C’est un concentré de dialogues finement amenés, bien sentis. Django sait te faire attendre, il sait aussi te satisfaire. Parce qu’il est on ne peut plus intelligent.

Django c’est aussi Quentin. Quentin qui vieillit, qui se pose mais qui ne perd rien de son talent. Quentin qui sait prendre son temps et exploser. Quentin qui a soif de vengeance et qui concrétise ses avancées avec Inglourious Basterds. Quentin qui a trouvé son équilibre, qui percute toujours autant quand il parle à travers ses personnages, qui contraste et qui sublime son pays. C’est du sang sur une fleur de coton, c’est la violence assumée d’un mec qui la critique, qui fait rire et qui fout mal à l’aise, qui fait culpabiliser.

Django c’est aussi “I like the way you die, boy”, “I’m sorry, I couldn’t resist” ou bien encore “Django, D-J-A-N-G-O, D is silent”. Django est culte. Django est plus que ça, il n’est pas qu’une compilation de répliques bien senties. Django est un grand film.

On peut aimer ou pas, mais Django, c’est le Cinéma. Celui avec un grand C. Celui qu’on n’oublie pas, avec des plans toujours parfaits, celui qui fait vibrer. Un puits à références et une œuvre unique en soi : Django emprunte au western spaghetti ce qui fait sa beauté et rajoute la cerise sur le gâteau – la patte de Quentin Tarantino. Le Cinéma avec un grand C aussi parce que Django détourne, dégomme, éblouit et trotte dans la tête encore longtemps après son visionnage. Le grand C pour le 35 mm qui disparaît, le grand C de celui qui ne cherche pas à plaire aux critiques américaines, mais simplement au spectateur, de lui donner de quoi réfléchir, de quoi rêver, de quoi devenir passionné, comme un ado il y a des années, qui s’est fait prendre au piège, qui n’a plus jamais arrêté de dévorer.
Carlit0
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le 22 janv. 2013

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