Un western spaghetti typique ? C’est ce qu’on pourrait croire dès les premières minutes du film mais il ne faut pas s’y tromper ! Quentin Tarentino aime sortir des cadres, bafouer les codes des grands genres cinématographiques et faire des pieds de nez à l’Histoire, ceux qui ont vu Inglorious Basterds me comprendront. Si vous allez voir Django Unchained pour aller voir un bon western, vous serez déçus, tout ce que vous verrez c’est un western façon Tarentino, ce qui est très différent . En ce qui me concerne, ça me m’a pas gênée, et pour tout dire j’ai plutôt apprécié à quelques détails près.

La première chose qui m’a frappée, c’est qu’on s’y croirait presque ! Dès les premières minutes du film, on se laisse emporter par une ambiance digne des plus grands westerns qui ne nous lâchera plus, ou à de rares moments, durant le film. Et c’est justement un des gros points forts de Django Unchained selon moi: l’art de jouer avec les codes du western, tout en créant un univers très réaliste. La bande originale, très réussie (à une exception près mais j’y reviendrai) y est pour beaucoup: beaucoup de morceaux, que vous pourrez trouver sur le CD, sont tirés des plus grands westerns, notamment plusieurs titres d’Ennio Morricone (est-il vraiment nécessaire de le présenter ?) comme « Norme Con Ironie » ou « Rito Finale » et quelques compositions de Luis Bacalov, qui a lui aussi composé pour les westerns, comme le fameux « Django » qui ouvre le film. Quelques morceaux inédits, composés par Jamie Foxx et Quentin Tarentino sont également inclus dans le film et marquent bien ce mélange de deux époques, et de deux genres différents. S’ajoutent à cela des décors superbes et très bien filmés , ainsi que des costumes sur lesquels je n’ai vraiment rien à redire. Un bel hommage aux films de Sergio Leone !

Pour ce qui est des acteurs, là encore, je n’ai pas été déçue. Christoph Waltz, que j’apprécie beaucoup et dont j’avais pu admirer la performance dans Inglorious Basterds, est parfait dans son rôle de chasseur de prime allemand ! Je ne suis pas une grande fan de Jamie Foxx, mais là je dois dire qu’on ne pouvait trouver mieux pour jouer Django, pourtant à mes yeux il a été un peu éclipsé devant celui qui m’a époustouflée durant le film, j’ai nommé Léonardo DiCaprio qui incarne Calvin J. Candie, le « grand méchant » de l’histoire, un personnage qui se veut subtil, élégant, mais aussi extrêmement ambigu. Là encore, Quentin Tarentino n’aurait pas pu mieux choisir et DiCaprio est tout simplement superbe dans ce rôle, et j’ai été très étonnée qu’il n’ait pas eu la moindre nomination aux Oscars en tant que meilleur second rôle, nomination qui aurait été plus que méritée. Samuel L. Jackson m’a bien fait rire, quant à Don Johnson que je n’avais pas revu à l’écran depuis longtemps, il m’a étonnée, dans le bon sens du terme bien entendu. Sinon, je pense que vous avez tous remarqué que Tarentino se permet une petite apparition dans le film ;) .

Parlons un peu du scénario ! Comme je l’ai dit, il ne faut pas s’attendre à un bon vieux western. Selon moi, dans ce film on a droit à du Tarentino tout craché, c’est à dire un scénario qui ne se laisse pas entraver par les codes du western spaghetti mais qui préfère le remanier à sa sauce, un scénario qui aime bien l’excès et la surenchère également, mais là encore il fallait s’y attendre, un Tarentino sans au moins 10 litres d’hémoglobine, ce n’est pas un vrai Tarentino. Le problème, c’est que parfois on a tendance à se dire que trop c’est trop et à se demander à quoi bon tout ça si ce n’est pour « meubler ». Peut-être un petit problème de dosage ? L’autre tout petit détail qui m’a fait écarquiller les yeux, et j’ai même envie de dire les oreilles, c’est le rap. Oui, vous avez bien lu, le rap. Dans Django Unchained ? Hé oui…il a osé, et même si je sais que ce réalisateur aime bien être dans l’excès, dans le dissonant (peut-être trop), je n’ai pas pu me retenir de lancer un appel mental désespéré: « Mais pourrrrrrrquoiiiiiiiiiiiii ? ». Heureusement ce n’est qu’un tout petit morceau, mais tout de même, ça casse un peu l’ambiance.
Dommage et même décevant à certains moments.

En conclusion, j’ai beaucoup apprécié Django Unchained, un Tarentino comme on les aime ou presque, même s’il est un peu excessif parfois, mené par d’excellents acteurs et que vous auriez tort de rater ! Les puristes risquent de grincer des dents devant ce western pas comme les autres, personnellement je ne m’en suis pas formalisée et je pense que c’est nécessaire si on veut vraiment profiter du film, car, ne serait-ce que pour l’ambiance, il vaut vraiment le coup !
Andélys
8
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Créée

le 20 févr. 2013

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