Quentin, you did it again... finally !
Pour son grand retour, Quentin Tarantino continue doucement son travail d'hommage au cinéma de genre. Après le film de gangster avec reservoir dogs et pulp fiction, le film de kung fu et d'action de serie B avec kill bill et le film de guerre avec inglorious basterds, il s'attaque cette fois au western Spaghetti avec son Django Unchained qui se veut comme un descendant direct du Django de sergio curbucci dont il ne reprend finalement que le thème musical d'ouverture et la vengeance personnelle du héros. A ce niveau la le film remplit très bien son contrat tout en y ajoutant pour la première fois un vrai thème de fond, qu'est celui de l'esclavage ainsi qu'un renouvellement de la narration du cinéaste. Clairement ce film est le plus réussi du réalisateur depuis Pulp Fiction, qui remonte quand même a 1994. On assiste a un spectacle incroyable, jouissif sur tout les points. Bénéficiant d’une précision d’écriture qui force le respect et d’une mise en scène maîtrisée de A à Z, le film est parfois très grave sans pour autant perdre son ludisme et est régulièrement ponctué d’éclairs de génie.
Tout D'abord le scénario, est une véritable réussite. Tarantino a toujours autant de talent a ce niveau la, et nous sert une œuvre qui réussie a allier la force des dialogues « tarantinesques » a la gravité de son sujet. Car c'est la la principale nouveauté du film, un véritable thème de fond. On peut ressentir la volonté de mettre l’Amérique face a ses démons par le prisme du cinéma de genre comme Sergio Leone en son temps. Et a ce jeu la, contrairement a ce que l'on pouvait craindre, le cinéaste s'en tire particulièrement bien. En effet, celui ci a eu l'intelligence d’éviter tout manichéisme tout en plaçant son habituelle violence hyperbolique dans le sujet. Ainsi, il nous épargne les méchants blancs contre les gentils noirs tout en évitant de poser un constat. L'idée qui illustre le mieux cela est sûrement le personnage de Samuel L. Jackson qui met en évidence la face sombre de la communauté, le noir devenu blanc et sûrement aussi cruel que le pire des esclavagistes. Avec ces nuances Tarantino nous montre qu'il ne se contente plus d’archétypes pour construire ses personnages et intrigues. Bien heureusement le film ne se repose pas uniquement sur son sujet et n'est pas un manifeste anti esclavage, c'est avant tout un film de divertissement faisant allègrement référence a des pans entiers de la « sous-culture » si chère au cinéaste. On trouve toujours la patte Tarantino dans les dialogues et les situations tour a tour cyniques, drôles, vulgaire, violente et même sérieuses. On pourra citer la scène des prémices du Ku klux klan hilarante qui permet de se moquer allègrement de la bêtise de ces esclavagistes, celle du saloon ou encore la longue scène centrale du repas tout en dualité entre calme et violence. Le synopsis lui aussi reste fidèle a ce a quoi le réalisateur nous a habitués, a savoir une histoire de vengeance, l'un des thèmes pivot de la filmographie du monsieur mais cette fois traité du côté de l'amour. Quand a la galerie de personnages elle est exceptionnelle, Cristoph Waltz qui campe le Dr. Schultz nous offre une composition parfaite avec ce chasseur de prime au charisme incroyable et au répliques toute plus géniales les unes que les autre, c'est bien simple il vampirise le spectateur chaque fois qu'il ouvre la bouche tant son détachement cynique est parfaitement écrit et joué. Jamie Fox lui joue un Django convainquant mais qui manque parfois de charisme a trop vouloir être badass en jouant le pistolero muet qui parle avec les yeux. Cependant la plupart de ses répliques sont très bien senties et on ne peut que s’émerveiller devant sa classe une fois qu’il a sorti ses flingues, bref malgré quelque menu défauts, le personnage est très réussi. Place a Leonardi diCaprio qui signe la une de ses meilleures performances, il n'a jamais été meilleurs qu'en jouant cet esclavagiste complètement narcissique et colériques, son interprétation est parfaite de bout en bout et on prend vraiment beaucoup de plaisir a le détester. La question est de savoir pourquoi est ce qu'il ne joue pas plus souvent les méchants, alors qu'il y excelle !
La mise en scène quand a elle est une merveille, a la fois terriblement moderne et incroyablement classique elles est la parfaite synthèse de deux styles, deux époques. Il crée en effet une mise en scène folle pleine de fulgurance, d’éclair de génies et d'anachronisme comme ces gunfights sur fond de musique rap, les ralentis présent tout au long du film, la façon de filmer les combats, touts les effets des style & la surenchère d’hémoglobine tellement hyperbolique qu'elle en devient banalisée et permet au film d'exprimer son second degrés et son statut de film d'exploitation. En d'autres termes la mise en scène respire la culture pop de tout les pores ce qui n’étonnera personne connaissant un minimum Tarantino, mais force est de constater que cela fait toujours autant effet. Et c'est quand même plus rare de voir une folie pareil dans un western que dans un film de gangster ou d'art martiaux. Mais la ou réside le secret c'est qu'il mélange tout ces éléments de mise en scène avec les codes traditionnels des western Spaghettis, on retrouve donc les plans de paysage majestueux, les bivouacs dans l'ouest enneigés, les ballades a cheval, les entraînements au tir et autres tueries au colt filmées a la vitesse de l’éclair ainsi que certains mouvement de caméra caractéristiques du genre comme ces rapides zoom avant ou arrière venant soutenir le regard des personnage dans les moments de tension et de surprise, ou encore le grain de l'image totalement vintage pendant les flashbacks.
Alors oui ce film est le plus réussi du cinéaste depuis Pulp Fiction, Et pourtant il y a quelque chose qui m’empêche de le qualifier de chef d’œuvre, un caillou dans l'engrenage qui fait que j'ai du mal a le percevoir comme un film dont je me rappellerais avec autant de ferveur que les deux miracles qu’était Reservoir Dogs et Pulp Fiction. Qu'est ce que c'est ? Pour le comprendre il faut d'abord revenir sur l’œuvre du réalisateur, principalement la narration. En effet, L'une des principales caractéristiques des ses films était sa façon de raconter ses histoires, en ayant recours une structure éclatée, des séquences autonomes et en mettant ainsi en place un véritable puzzle narratif éparpillé. Or, dans Django c'est a ce niveau la que se situe le changement radical, ici place à une construction linéaire bien plus classique, à peine aménagée de quelques flashbacks bien sentis. Mais en voulant opérer ce retour a une narration plus classique, Tarantino a fait une erreur. Non pas l'envie en elle même qui témoigne d'une réelle volonté artistique, et qui est a mon sens la seule façon de raconter cette histoire, l'erreur se situe surtout dans la mise en place de cette narration, il aurait fallu pouvoir faire un récit fluide du début a la fin. Au lieu de cela il cède a ses vieilles habitudes et coupe son film en deux parties bien distinctes avec une ellipse trop brutale seulement lancé a l'aide d'un simple texte a l’écran. A ce moment le film change radicalement : On passe d'un western a l'humour cynique et ravageur, rempli de personnages et de situations superbement drôles a un film de vengeance salvateur et excessif a souhait.
Oui les deux parties sont incroyablement bien écrites et mise en scènes, mais la transition est bien trop brusque et le temps d'adaptation nécessaire pose un petit problème de rythme dans la seconde moitié du film. Il aurait été préférable a mon sens de faire une transition plus fluide et naturelle en rajoutant quelques scènes transitoires quitte a en raccourcir une ou deux par la suite. Ceci dit, c'est bien le seul défaut que j'arrive a trouver au film
Finalement Django Unchained est une œuvre charnière dans la filmographie de Quentin Tarantino, elle témoigne d'une réelle volonté du cinéaste de faire évoluer son art, de lui donner de nouveaux atouts, une profondeur qu'elle n'avait pas jusque ici malgré son excellence. Mais ne nous leurrons pas, ce n'est pas un film sérieux et cette réflexion sur l'esclavage n'est qu'un thème de fond suffisamment bien traité pour permettre a Tarantino de s'amuser comme jamais en créant une grande fresque vengeresse et sanglante mise en scène avec virtuosité et panache. On lui pardonnera donc aisément ses quelques défauts comme cette transition maladroite et ses quelques légers problèmes de rythmes en résultant, pour savourer pleinement ce chef d’œuvre ! Sa y est je l'ai dit ! Tarantino a enfin réussi, après 20 ans d'essais, a réaliser sa nouvelle oeuvre maîtresse. Celle a placer sur le podium avec Pulp Fiction et Reservoir dogs. Mais en numéro 3, faut pas déconner non plus !