Un film sans trame principale, c'est estimer qu'il y a une épaisse toile de fond capable de compenser l'absence de structure claire, et que chaque séquence a été pensée comme une cellule autonome suffisamment riche et travaillée pour porter per se un propos, en même de temps que de participer indirectement au projet plus large du film.

Spire Lee pense avoir ces deux ingrédients, il pense que son amalgame informe de scènes décousues permet de donner un esprit au quartier qu'il investit, censé être une sorte théâtre des petites interactions de la vie, animé par sa radio locale et sa pizzeria. Mais il ne suffit de mal filmer des plans pendant 2 heures pour y arriver (mais l'ennuie n'attend même pas les premières vingt minutes pour nous faire soupirer). Et il ne suffit pas non plus de louer une grue mobile et d'élever la caméra à chaque fin de scène pour donner l'impression que les personnages appartiennent au tout homogène du petit quartier.

Choisir au montage de garder cette durée de visionnage c'est juger que le film réussit son pari, qu'au fond c'est du Fellini ou du Bergman avec beaucoup de noirs. Après tout on a fait comme eux hein ? Des scènes un peu bizarres où on comprend pas trop, des plans vlatinpa chelous, et vaguement foutre du sens ci de là, nan ça là, nan çà et là, voilà, je parle du dernier celui poétique.


Sa façon de cadrer témoigne d'une insolence boursouflée. Non un zoom lent ne permet pas par magie de faire grimper une tension ou une confrontation entre deux personnages. Et avant de faire des plans obliques, de jouer avec les arrière-plans (parce qu'il fallait bien surligner que le quartier fait interpénétrer les récits de tout un chacun), et de manière générale de bouger la caméra comme un illuminé crépusculaire (qui aurait l'inventivité de mon lavabo bouché), il faut savoir cadrer des plans.


Je ne sais pas comment sa note moyenne peut être 4.4 sur Letterboxd. Il existe bien d'autres films et œuvres artistiques qui traitent du même sujet avec une qualité incomparablement meilleure.

J'espère que ma mémoire aura de la pitié, et que ce qu'il en reste partira à la poubelle non-recyclable.

Arthur-la-mur
3
Écrit par

Créée

le 10 juil. 2025

Critique lue 17 fois

Arthur-la-mûr

Écrit par

Critique lue 17 fois

D'autres avis sur Do the Right Thing

Do the Right Thing

Do the Right Thing

8

Cinemaniaque

le 1 oct. 2010

Suivre

Critique de Do the Right Thing par Cinemaniaque

Il y a deux facons de repondre au racisme : par la violence ou par la non-violence. Suivre la voie de Malcom X ou celle de Martin Luther King. Plutot que de les opposer, Spike Lee tente de voir les...

Do the Right Thing

Do the Right Thing

10

CeeSnipes

le 23 mars 2012

Suivre

Fight the Power!

Spike Lee, à l'époque jeune cinéaste ambitieux, réalisateur de deux films à forte dominance afro-américaine dans le casting, assez engagés, sans non plus être du vrai cinéma politique, se lançait...

Do the Right Thing

Do the Right Thing

4

Truman-

le 19 août 2013

Suivre

Le film donne envie de pizzas c'est deja ça

Une belle déception que fut ce film de Spike Lee, bourré d'ambition il ne semble pourtant pas ne savoir montrer comme il faut ce qu'il veut dénoncer . Passons par les points positif, ça dénonce le...

Du même critique

Stop Making Sense

Stop Making Sense

8

Arthur-la-mur

le 10 juil. 2025

Suivre

Convulsions musicales d'une crise identitaire universelle.

Film-concert du début à la fin, le projet initial ne se fait pas parasiter par d'autres éléments qui auraient fait fausses notes.A l'heure des plates-formes musicales en ligne, on jouit d'une grande...

Les Graines du figuier sauvage

Les Graines du figuier sauvage

8

Arthur-la-mur

le 10 juil. 2025

Suivre

Emancipations à rebours et à échelles différées.

Ce que met en avant Rassoulof est une sororité à toute épreuve, mais qui traverse des conflits internes du fait des volontés individuelles qu'elle contient. Au conformisme protecteur de Nejmeh il y a...

Tu ne mentiras point

Tu ne mentiras point

7

Arthur-la-mur

le 10 juil. 2025

Suivre

Charbons viciés de l'Irlande oubliée.

(3.25). 1985, cette petite ville des Landes irlandaises, encore sous l'emprise des clochers chrétiens, nous ferait presque croire qu'elle appartient toujours à l'époque victorienne. Chauffage au...