Pas franchement aisé de passer derrière Stanley Kubrick (je mets de côté Mick Garris et son adaptation télévisée), le choix de Mike Flanagan et sa filmographie jusqu'alors pas terrible pouvant ainsi paraître très étonnant pour adapter cette suite de « Shining » plusieurs décennies après. Pourtant, celui-ci se révèle ô combien pertinent lorsqu'on voit le résultat final. S'éloignant intelligemment de son modèle pour n'y faire quelques allusions et clins d'œil (bon, peut-être un peu plus) jusqu'à la dernière partie, logiquement plus explicite, « Doctor Sleep » trace sa route avec intelligence et habileté, ne cherchant jamais à être inutilement spectaculaire, privilégiant son récit, ses personnages, leur évolution, le tout baigné dans une atmosphère inquiétante et pourtant presque douce, notamment due à la relation souvent touchante qu'ont les protagonistes entre eux, la « connexion privilégiée » entre Danny et Abra en tête.
Rythme presque lent sans être ennuyeux, offrant quelques scènes mémorables et remarquablement réalisées, cet « affrontement par rêves interposés » (désolé, je ne sais pas trop comment l'écrire autrement) en étant sans doute le plus bel exemple. N'ayant pas vu la version cinéma, je ne saurais faire de comparaisons hasardeuses, mais sans être toujours captivante (trois heures, quand même), cette « Director's Cut » a fière allure, pouvant compter sur l'une des méchantes les plus charismatiques de ces dernières années : Rose « the Hat », superbement interprétée par la splendide Rebecca Ferguson, trouvant un vrai rôle à la mesure de son talent. Notons, peut-être, un final légèrement en-deça des attentes, tout en restant très acceptable. Une vraie bonne surprise et un réalisateur que l'on demande à revoir, les adaptations réussies de Stephen King devenant de plus en plus rares au XXIème siècle.