On ne peut pas le nier, depuis quelques années et malgré de nombreux prix et nominations, le cinéma italien se fait discret. Pourtant, je pense que le talent est toujours bien présent mais celui-ci est peut-être mal employé ou tout simplement mal subsidié.
Pourtant, en dépit de ce marasme culturel ambiant, j'ai la conviction qu'il faut garder l'espoir que le cinéma transalpin revienne, un jour, sur le devant de la scène comme au temps de sa splendeur. Moretti, Sorrentino, Garrone sont là pour conforter la confiance que j'ai en ce cinéma que j'aime tant.
Matteo Garrone, cité ci-dessus, avait déjà marqué les esprits avec Gomorra et Reality. Il renouvelle l'expérience avec Dogman, un film d'une implacable réalité.
Ce qui m'a séduit, avant tout, c'est sa dimension humaine. Le discours populiste qui émane de ce long-métrage nous rapproche clairement du mouvement néoréaliste né, en Italie, pendant la Seconde Guerre mondiale.
On découvre, ici, une petite ville balnéaire campanienne qui vit au rythme des vagues moroses et monotones. Dans ce paysage, un peu triste vivent des hommes et des femmes démunis et résignés. Voilà, le décor est planté. Chacun de ces autochtones a des choses à raconter mais le personnage qui est au centre de toute notre attention, c'est, bien sûr, Marcello interprété de manière magistrale par Marcello Fonte, un acteur peu connu chez nous mais qui, à mon avis, n'a pas fini de nous surprendre.
La violence urbaine est incarnée, elle, par Simoncino (Edoardo Pesce), un voyou toxicomane qui a un rôle prédominant dans cette histoire. Vous aurez compris que Dogman s'articule surtout autour de ces deux individus. On va partager, avec eux, un bout de vie pas, forcément, très enviable mais qui est passionnante dans la manière dont la trame du récit est développée. Plus on avance dans l'histoire, plus notre toiletteur pour chiens se révèle attachant et humain, à l'image de cet amour inconditionnel qu'il déploie pour sa petite fille. Cet attachement le rend parfois si fragile mais tellement beau.
Dogman a reçu 4 prix dont le prix d'interprétation masculine à Cannes.
Ces récompenses sont totalement justifiées.
Tel le phénix, le cinéma italien renaîtra de ses cendres. En tout cas, il faut y croire !

Okilebo
8
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