Afin de la demander en mariage, Chase propose à Macy de l'emmener en randonnée dans les bois. Pas dupe de la manoeuvre, la jeune femme reste tout de même hésitante, peu sûre d'être apte à devenir une bonne mère pour la fille de son compagnon.
Mère ? La pauvre Dolly gonflée aux hormones dégénérées vient récemment de perdre la sienne et est bien décidée à la remplacer dans sa maison en compagnie de ses zillions de poupées au milieu des bois. Ne lui reste plus qu'à trouver une fille de substitution pour prouver ses talents...
Si, dans une réalité alternative, Jason Voorhees et Annabelle s'étaient laissés aller à une nuit de folie ensemble et que, neuf mois plus tard, une progéniture infernale en était sortie, elle s'appellerait sans doute Dolly, une improbable colosse au Q.I. de petite fille de 6 ans, affublée d'un masque de poupée en porcelaine et voulant manifestement faire sa place dans le panthéon des nouveaux boogey(wo)men marquantes du cinéma de genre.
Vendu comme un nouveau "Terrifier" (comprendre film gore fauché mais complètement décomplexé sur la nature du spectacle crade à offrir), "Dolly" cherche évidemment à taper dans l'oeil de l'amateur de films de genre à l'ancienne avec ses images en 16 mm renvoyant aux survivals bruts de décoffrage des 70's (et donc sans discours méta, à part la vague symbolique rudimentaire de rencontre entre ses "mères en devenir"), à commencer par l'inévitable référence "Massacre à la Tronçonneuse".
En soi, sur la forme pure, sans atteindre le talent d'un perfectionniste comme Ti West, le pari est plutôt réussi, nous plongeant sans mal dans l'ambiance intemporelle d'une bonne vieille bobine grindhouse poussiéreuse retrouvée au fond d'une armoire. Sur ce qu'il est en tant que tel aujourd'hui, "Dolly" met tout de même énormément de temps à se débarrasser du côté très racoleur de sa proposition qui fait finalement tout le contraire du film de Hooper en termes de violence dévoilée à l'écran. Ici, Rod Blackhurst cède en réalité à toutes les sirènes très contemporaines d'un torture-porn classique caché dans la coquille d'un survival, se contentant pendant un bon moment d'enfiler bêtement tous les détournements maternels déviants possibles propres à son antagoniste attardé pour engendrer un maximum de moments malsains et explicites.
On est ainsi toujours un peu partagé sur ce que "Dolly" à offrir et dans la démarche dans laquelle il voudrait s'inscrire. Le film n'est pas dénué de moments ragoûtants plutôt bien pensés par les envies de "maman" de son monstre à masque de poupée, il devient aussi bien plus intéressant lorsqu'il se met à faire intervenir son lore tout aussi perverti que cette "petite fille" et la force du lien de son couple de héros -aussi simpliste soit-il- tient bien la route dans la sacrée épreuve mise sur la route de leurs fiançailles (on rajoutera aussi les plans psychédéliques réussis de la dernière partie ou les FX pratiques de bonne tenue) mais la radicalité voulue de l'ensemble n'arrive jamais à se débarrasser d'un aspect factice, comme si le film n'existait que pour titiller la nostalgie des plus aficionados qu'il pense séduire par une approche de décalque opportuniste et résolument moderne dans son enchaînement d'effets crapecs gratuits pour y parvenir.
La visite de cette maison de poupées particulièrement dépravée en pleine forêt reste recommandable mais pas sûr que "Dolly" vienne faire partie des tueuses dont on réclamera ardemment le retour dans un avenir proche.