Même réalisateur, même scénariste, mêmes grands espaces et grosso-modo même thème ; difficile de ne pas comparer Don't come knocking avec Paris, Texas. Pourtant la comparaison s'arrête là. Car en terme de rendu, on est ici très en-dessous de la première collaboration entre Wim Wenders et Sam Shepard.
C'est surtout le ton qui est différent. Cette fois, on est à la croisée du drame et du gag, avec une prédominance marquée du second, dans le registre absurde et marrant. Notre héros est un acteur fugueur bien ringard, poursuivi par un agent d'assurance tellement déprimant qu'il en est hilarant. Tout fonctionne très bien et on passe sans problème un moment agréable. Les grands espaces américains sont jolis tout plein ; les personnages sont attachants ; et même si on ne rit pas aux éclats, on sourit tout du long.
Le ton léger est sans aucun doute voulu pour éviter la redite, et on ne peut qu'applaudir la prise de risque. Mais malgré tout, si on garde Paris, Texas en mémoire, on ne peut pas s'empêcher d'être un peu déçu. La musique est toujours bonne, mais bien moins marquante que celle de Ry Cooder vingt ans plus tôt. La photo est toujours jolie, mais lisse au possible, beaucoup plus composée et bien moins spontanée qu'avant. Et en terme d'émotion, on est dix crans en-dessous.
Donc à l'arrivée, Don't come knocking est plus sympathique qu'inoubliable.