Découverte de la nouvelle proposition artistique de la neo réalisatrice Olivia "Numéro 13" Wilde qui après Booksmart, nous plonge dans un univers questionnant la condition féminine ainsi que son traitement. C'est plutôt pas mal dans l'ensemble et il est amusant que ce questionnement rejailli aussi sur son traitement médiatique alliant par inadvertance le fond et la forme.


Dans les années 1950, une femme au foyer vivant avec son mari dans une communauté expérimentale utopique commence à s'inquiéter du fait que la prestigieuse entreprise de ce dernier cache des secrets inquiétants.

Que cette promotion fut compliquée pour l'équipe du film tant celui-ci a été parasité par des rumeurs, on-dits, ou pseudo drama n'ayant au final que peu d'interêt vis à vis de l'oeuvre finale et qui comme l'a évoqué la réalisatrice de l'existance d'un double standard où le moindre incident n'est pas n'engendre pas les mêmes réactions en fonction des genres des personnes dirigeantes. En effet, nombreux sont les tournages qui furent chaotiques avec des comportements bien plus problématiques de la part de réalisateurs avec leurs équipes (Hitchcock, Cameron, Coppola,...) sans jamais que cela deviennent le principal sujet de conversation de leurs films respectifs.


Pour en revenir au film lui-même et à son histoire, celle-ci est plutôt divertissante avec un thème de fond dans l'ère du temps qui est traité avec plus ou moins de justesse. En effet, l'histoire de cette femme prise au piège dans une société sectaire assez rétrograde -dont c'est l'idéal pour de nombreux hommes "incels" en mal de reconnaissance et avide d'un certain pouvoir sur la femme- permet de comprendre par bien des aspects comment la femme se voit peu à peu enfermé dans un rôle limité, décébré grâce à un programme d'endoctrinement, contrôle mental et émotionnel parfaitement rodé empêchant quelconques émancipations ou libre-arbitre que ce soit.


A la lisière entre du Truman Show, Servante écarlate et un épisode de Black Mirror, on peut dire que ce genre de dystopie prolifère, symbole d'une société qui se cherche et se questionne sur un avenir lui paraissant particulièrement sombre. Cela dit le métrage bien que souhaitant développer longuement cet atmosphère étouffante et imprégner le spectateur dans son récit, celui-ci patine un peu, peinant à avancer tout en souffrant de redondance et quelques lieux communs dégonflant un peu l'attrait de l'histoire qui malgré un twist pas forcément évident-bien joué^^- s'affaisse brutalement selon moi à cause d'une fin un peu fait à la va vite avec plus de trous et facilités scénaristiques. Dommage.

Concernant le casting, il fait globalement le taff, même Harry Styles qui commence à s'affirmer en temps qu'acteur même si on le sent plus fragile sur certains moments vis à vis de son jeu, et il y a de toute évidence une différence de niveau avec Florence aka la nouvelle Black Widow tant celle-ci porte le film sur ses épaules de main de maître. Elle ne cesse au fur et à mesure de confirmer l'étendue de ses talents.


Visuellement, c'est plutôt bien fait tant dans la photographie, colorimétrie, mise en scène, utilisation des décors extérieurs et intérieurs, que les effets pratiques ou encore les costumes et accesoires sachant qu'il y a un bon travail aussi au niveau sonore que ce soit par rapport au mixage ou la BO ambiante.


En définitive, c'est un métrage assez sympa avec une histoire intéressante dont les thèmes de fond entrent parfaitement dans les questionnements de l'ère du temps mais qui est par moment maladroitement exécuté (redondance, stagnation de l'intrigue) provoquant des problèmes de narration et dont la fin laisse à désirer tant elle semble tirer par les cheveux et expédier. Cela dit toute l'attention médiatique qui s'est formé autour de choses insignifiantes ne méritent pas les craintes que l'on pouvait avoir de prime abord. C'est sympa mais pas suffisant pour être pleinement satisfait.


A découvrir à l'occasion sans apriori.

lugdunum91
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le 4 oct. 2022

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