Stéphanie (Léa Drucker) bosse à l'IGPN est saisie d'une plainte de la famille d'un Gilet Jaune de Saint Nizier, touché par un LBD lors d'un des gros samedis d'émeutes de gilets jaunes à Paris en décembre 2018. S'en suit une enquête minutieuse pour retrouver les flics en service ce jour là, différents coops de police étaient mobilisés (BAC, CRS, BRI…). Le film commence d'ailleurs par un montage très efficace d'images d'archives de cet acte des gilets jaunes, qui a fait (un peu) paniquer le pouvoir. Stéphanie finit pas retrouver les coupables et obtenir une vidéo sans ambiguïté sur la violence volontaire des keufs. Mais sa hiérarchie ne va pas l'aider, elle doit lutter face à ses collègues aux syndicats et son ex mari lui aussi flics aux stups. Parallèlement, elle découvre que la mère de la victime, infirmière qui a soigné sa mère à Saint Dizier.
Le Film assez didactique dans sa description des arcanes administratives des bœufs/carottes, réussit à transformer le coté bureaucratique de l'enquête en réel tension, et nous déroule tous les mécanismes de la violence systhématique de la police avec un rythme sans relâche, on est happé. Moll évite de l'attendu et gênant "y'en a des biens", c'est bien l'institution policière dans son ensemble qui est problématique, et c'est une vraie critique de l'impossibilité de la contrôler. On pourrait reprocher au réalisateur d'avoir choisi de raconter, comme souvent, une violence policière sur un "gentil blanc innocent" mais il s'en sort avec le personnage de femme de chambre (magistrale Gulagie Maladna déjà vue dans Saint-Omer) qui vient lui rappeler (et à nous aussi) l'existence des personnes racisées - première victimes des violences policières intrinsèquement liés au racisme de la police.
Léa Drucker est elle aussi au top, et tient un juste fil entre prise de conscience, et corporatisme.
Alors je n'ai pas été aussi bouleversé qu'après la nuit du 12, mais je suis sorti de la salle avec une folle envie de crier ACAB.