Ce récit clinique d'une grosse bavure policière dans le contexte des émeutes des gilets jaunes évite, sans jeu de mot, le film "dossier" dans lequel il aurait pu tomber.
Dominik Moll, à l'instar de son très personnel La nuit du 12, déroule méthodiquement son intrigue construite de manière très documentée : laborieuses procédures, interrogatoires précis, factuels, contexte social, touches familiales, rapports hiérarchiques, tout est passé au crible comme un sec procès verbal policier.
L'enquête est conduite minutieusement dans un labyrinthe administratif assez oppressant.
Même si l'on sent que son empathie va vers le jeune homme blessé et sa famille, l'univers policier et de la justice sont traités et contextualisés avec la mesure et le recul nécessaires.
Le jeu froid et distancié de Léa Drucker accompagne parfaitement le point de vue du cinéaste sur cette dualité.
L'avant dernière scène est à ce sujet très parlante et l'une des plus poignante du film :
Après que l'enquêtrice ait visionné sur son écran des vidéos de chatons, parenthèse dérisoire face au travail qu'elle vient d'achever, son regard croise celui de son fils et le sourire laisse place à une infinie gravité.